5150, rue des Ormes: Ça pourrait être votre voisin...

16 novembre 2009 | par Desjardins Amélie
visuel de l'article

Apparence de normalité : un cottage de brique rose mi-’90 avec un panier de basketball devant la porte du garage. À l’intérieur, tapisserie fleurie, bondieuseries et décoration tout droit sortie des années ’90. Mais au sous-sol, c’est le musée des horreurs.

La famille Beaulieu habite le 5150, rue des Ormes. Un père chauffeur de taxi et champion d’échec (Normand D’Amour), une mère au foyer adepte de Jésus (Sonia Vachon), une adolescente délurée (Mylène St-Sauveur) et une fillette muette un peu bizarre. Sous ce vernis de normalité se cache un fou furieux qui se croit justicier, sa fille qu’il prépare à assurer sa relève et sa femme qui ne dit mot et consent. Leur équilibre sera bouleversé par l’arrivée de Yannick Bérubé (Marc-André Grondin), un étudiant un peu trop curieux qui se retrouve otage de l’étrange famille parce qu’il a vu des choses qu’il n’aurait pas dû voir. S’ensuit un duel entre les deux hommes.

« 5150, rue des Ormes » est tiré du premier roman du même nom de Patrick Senécal, publié en 1995 et réédité pour la sortie du film. C’est l’auteur lui-même, secondé par le réalisateur Érik Tessier, qui a écrit le scénario. C’est pourquoi le film est si fidèle au roman, même si certains aspects (dont la tension sexuelle entre Yannick et Michèle, la fille Beaulieu) ont été évacués pour en resserrer l’intrigue. Cette deuxième collaboration entre les deux artisans (c’est également Tessier qui avait réalisé « Sur le seuil ») donne un très bon thriller qui flirte souvent avec l’horreur. On reconnait également Senécal dans sa propension à aller jusqu’au bout de ses idées, quitte à écorcher au passage son spectateur. À ce titre, la finale du film, même si elle diffère d’avec celle du livre (non-relation entre Michèle et Yannick oblige), se tient bien et est saisissante.

Tout au long du film, Tessier joue sur l’antagonisme entre l’apparence de normalité et la folie qui règne dans la famille Beaulieu, folie qui gagne peu à peu leur otage. Il se laisse aller à représenter cette folie, ainsi que le sentiment de claustrophobie que ressent le personnage de Yannick, par des scènes d’hallucination assez « freakantes ».

Si certains reprocheront peut-être à Senécal d’avoir laisser s’installer quelques temps morts dans son intrigue, je dirais plutôt qu’il a pris le temps de bien développer l’étrange relation qui se tisse entre les deux hommes, qui se livrent un duel entre le bien et le mal, et celle de Beaulieu avec sa fille. D’ailleurs, la transformation de ce personnage qui deviendra la Reine rouge du mythique roman « Aliss » est bien illustrée.

C’est au niveau interprétation que le film cote le plus fort. Dans le rôle du justicier fou, Normand D’Amour est d’une intensité saisissante. C’est son regard qui est la clé du personnage; un regard à vous glacer le sang. Opposé à lui, un Marc-André Grondin physiquement transformé qui illustre bien la folie qui gagne son personnage. Également à souligner, la participation de Mylène St-Sauveur qui joue très bien la cruauté et l’agressivité de cette Michèle.

Un thriller divertissant et angoissant, qui évite le plus souvent les pièges du genre et qui rend bien justice au roman qu’il met en images.

Publié le 16 novembre 2009 dans: Horreur

Share

1 commentaire

Par spacegirl le 17 novembre 2009
Très bon roman,je l'ai lu en 2 jours,je le conseille à tous même si vous avez vu le film, lisez le livre, ça vaut la peine car il y a plus de détail encore.

Laisser un commentaire

captcha

À propos du blogueur

Pochette
Desjardins Amélie

La culture en général, mais surtout le cinéma et la lecture, est ma passion depuis mon plus jeune âge.

J'adore partager mes coups de coeur et propager la bonne (ou la mauvaise) nouvelle.

Entre un emploi dans le domaine de la santé et une deuxième carrière de mère de ...

Billet(s) récent(s) du blogueur