
En entrant au Salon du livre de Paris il y a quelques semaines, j’ai remarqué quelque chose de très déstabilisant : les auteurs en France sont de vraies vedettes!
Bien sûr, les livres eux-mêmes sont à l’honneur, mais aussi, et de manière ostensible, ceux qui les écrivent. J’ai vu des entrevues où le nombre de spectateurs excédait le nombre de chaises… Des files d’attentes non seulement longues mais interminables, et pas seulement pour Géronimo Stilton… Mais surtout, partout, des affiches de six pieds de hauteur affichant le sourire méditatif ou énigmatique de celui ou celle qui trempe sa plume au plus profond de la nature humaine… Ce qui m’a fait me demander : pour ou contre un côté glamour à la littérature?
Est-ce, comme au cinéma, le symptôme d’une fixation malsaine sur la personne plutôt que sur l’objet qu’elle produit? D’un autre côté, est-ce vraiment une fixation, et est-ce vraiment malsain? Après tout, par leur écriture, les auteurs nous racontent des histoires qui nous font rêver, qui nous émeuvent, nous éprouvent, nous fâchent même, bref, qui touchent à notre essence… Comment ne pas les aimer personnellement, ne serait-ce qu’un tout petit peu? (Et est-ce que je ne suis pas en conflit d’intérêt en écrivant ça, moi?)
Bref, tout ça pour vous dire que j’ai eu une idée de génie. Tant qu’à glamouriser la littérature, on va produire un Star Académie pour les auteurs! Avec des cours donnés par des vrais auteurs de l’Académie Française, des éditeurs malcommodes (je n’en connais pas, mais ça doit bien exister), des réviseurs sadiques et Marcel Proust lui-même, en charge des ateliers « description de clochers d’Église » et qui ne pourra pas nous refuser ce petit service d’outre-tombe. Je vous l’ai dit, c’est une idée de génie; à quiconque la réalisera, j’annonce que je prends 10% des bénéf’ – sans oublier l’affiche de six pieds de hauteur avec moi qui regarde l’horizon avec un sourire à la fois méditatif et énigmatique.
Parlant de mettre les auteurs en vedettes, c'est dans deux semaines que seront dévoilés les auteurs gagnants des deux Grands Prix Littéraires Archambault. Alors, question de terminer ce billet d’une manière suffisamment glamour, j’offre aux cinq premières personnes qui laisseront un commentaire sur ce billet un laissez-passer double pour la soirée de remise des Grands Prix Littéraires Archambault, qui aura lieu le jeudi 23 avril qui vient, de 17h à 19h, au Café Québécor du Monument National. Il y aura du vin, des bouchées, des livres et… des auteurs!!!
Publié le 09 avril 2009 dans: Littérature, Littérature québécoise
Auteure des Chroniques d'une mère indigne, tome 1 et 2, et porte-parole du Grand Prix Littéraire Archambault ainsi que du Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault.
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