
Après Sidney J. Furie et Guy Hamilton, c'est au tour du réalisateur Ken Russell, mieux connu pour ses biographies des grands compositeurs de musique classique, de s'être attelé à la tâche de porter à l'écran un récit du héros de l'auteur britannique Len Deighton. Russell n'avait pourtant jusque là qu'un seul long-métrage d'expérience derrière la cravate.
Ayant démissionné des services secrets britanniques, Harry Palmer s'est recyclé dans la police privé comme détective. Il se voit offrir un montant substantiel pour transporter un mystérieux thermos contenant des oeufs jusqu'à Helsinki en Finlande. Arrivé là-bas, Harry découvre que c'est une vieille connaissance de la CIA, Leo Newbigen, qui l'a engagé. Celui-ci est maintenant au service d'un milliardaire texan, Midwinter, farouchement anticommuniste et qui a conçu un super-ordinateur capable de commander un réseau privé d'espions.
Harry apprend de son ancien supérieur aux services secrets, le colonel Ross, que les oeufs qu'il a transportés ont été volés à un centre scientifique spécialisé dans la recherche de virus. Harry comprend alors que les oeufs maintenant entre les mains de Leo doivent servir à décimer l'armée russe en Lettonie, mais le chef des services secrets russes, le colonel Stok, avec qui Harry a déjà eu affaire, est déjà au courant de la manoeuvre grâce à la maîtresse de Leo, Anya. Palmer tente alors d'intervenir pour empêcher le massacre de l'armée privée de Midwinter, tout en cherchant à contrer Leo, qui avait trafiqué le super-ordinateur et manipulé Midwinter pour son profit personnel.
Cette troisième aventure de l'agent secret Harry Palmer a visiblement bénéficié d'un budget plus imposant. Le récit se présente sous la forme d'une allégorie géopolitique qui montre le danger du fanatisme, quelque soit l'orientation patriotique à laquelle on adhère. Ironiquement, le personnage du riche et mégalomane anticommuniste texan, incarné magnifiquement par Ed Begley, rappelle parfois l'ancien président des États-Unis George W. Bush par son attitude.
Ceci dit, le film contient des éléments fantaisistes qui le compare aux aventures de James Bond et la conception du générique du début par Maurice Binder renforce cette comparaison. Néanmoins, cela s'arrête là car l'on retrouve assez vite à travers ces éléments fantaisistes une intrigue complexe d'espionnage digne des précédentes aventures d'Harry Palmer, où encore une fois les personnages sont des faux-semblants ou des simulacres qui cachent leur jeu.
Le début est un peu lent à démarrer, surtout dans l'exposition des données du scénario, et l'humour se fait un peu plus rare que dans les deux films antérieurs de la série. Malgré ces défauts, la mise en scène de Ken Russell est excellente et profite pleinement des extérieurs enneigés et des décors des châteaux de la Finlande.
La conception futuriste du super-ordinateur, bien que réussi pour l'époque, apparaît évidemment datée aujourd'hui. Quant à la scène finale, elle se révèle spectaculaire sans être tape-à-l'oeil.
Dans ce film de très bonne qualité et qui vaut le détour d'être vu, l'interprétation digne de mention est bien entendu dominée par la présence assurée de Michael Caine, en pleine possession de ses moyens dans un rôle maintenant familier pour lui.
Publié le 09 mars 2010 dans: Suspense
Baccalauréat en histoire et certificat en scénarisation cinématographique. J'ai une passion pour le cinéma, les arts, la lecture, l'écriture la musique, les musées, les sports et la culture générale. J'écris actuellement des chroniques sur le cinéma, le sport, l'humour et la culture sur 4 sites web ...
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