
Critique du roman « Le bon, la brute et le mort-vivant » de l'auteur Kim Harrison, publié chez Bragelonne en 2008.
Élevée parmi de nombreux garçons, Kim Harrison a développé très tôt une passion pour les films d’action et les histoires mystérieuses. Et la voilà aujourd’hui auteur de plusieurs romans primés «New York Times Best-Sellers»… Regrette-t-elle de ne pas avoir eu de sœurs? Certainement pas et son public non plus, d’ailleurs!
Le bon, la brute et le mort-vivant constitue le deuxième livre dans une série de dark fantasy urbaine qui en compte six jusqu’à présent (un septième tome sortira en anglais en février 2009). La saga raconte les enquêtes et tribulations de Rachel Morgan, chasseuse de primes et sorcière de surcroît, dans la sombre banlieue de Cincinnati. Accompagnée de son familier, une fée nommée Jenks, elle traque les vampires, loups-garous et autres êtres démoniaques qui enfreignent les lois. L’intrigue de ce deuxième tome entraîne Rachel sur les traces d’un tueur laissant derrière lui les cadavres de puissants spécialistes de la magie noire. La peur lui tenaille de plus en plus l’estomac à chaque indice déniché : comment parvenir à vaincre un ennemi aussi terrible?
Avant la lecture de ce roman, je me demandais si j’allais en tirer du plaisir. Parce que je dois l’avouer : habituellement, je n’aime pas beaucoup les histoires de vampires post-Anne Rice où (je généralise et vous me le pardonnerez, j’en suis sûr) l’horreur a été remplacée par du romantisme sombre et où il semble être cool d’être un vampire… où sont passés les monstres aux dents longues?
Cette confession faite, j’en couche une deuxième sur papier : j’ai vraiment apprécié ma lecture de Le bon, la brute et le mort-vivant. Contrairement à ce que je redoutais, l’intrigue ne tourne pas autour du charme éternel des vampires (et oh combien dépeint dans tellement d’œuvres!) mais autour d’une intrigue bien ficelée avec ses nombreux rebondissements et ses personnages bien vivants. Ici, donc, il ne s’agit pas d’une simple copie de Buffy contre les vampires.
La personnage principale, Rachel Morgan, devient rapidement très attachant par ses commentaires humoristiques et ses états d’âme au sein d’un univers très froid et cruel. Ses fréquents accrochages avec Jenks, son familier, parsèment l’histoire de sympathiques répliques et réparties comme deux partenaires de films d’action. Comme si son existence de chasseuse de prime n’était pas assez compliquée, Rachel habite avec une femme vampire. Ensemble, elles ont conclus un accord : de ne pas se détruire l’une l’autre mais de s’aider à survivre dans un quartier plus que dangereux. Ce pacte entre les deux personnages insuffle au récit une tension bien palpable ainsi que des situations assez originales. Les scènes d’action sont bien présentes mais surtout bien dosées par rapport au reste de l’histoire, il ne s’agit pas ici du dernier Die Hard mais bien d’une enquête avec quelques cascades bien exécutées. Du côté de la traduction, elle est d’une grande qualité comme nous y sommes habitué avec l’éditeur Bragelonne qui ne fait pas les choses à moitié.
En somme, Le bon, la brute et le mort-vivant représente la lecture idéale pour un lecteur blasé des vampires, voulant un bon divertissement et une héroïne que l’on souhaiterait voir sur le grand écran.
Publié le 05 janvier 2010 dans: Science fiction/horreur
Auteur d'histoires de peur en romans (Ombres, Nocturne, Cris de Sang, Déguisements à vendre), en novella (La légende de McNeil) et en nouvelles (publiées dans plusieurs revues québécoises). Également critique pour les revues Solaris et Clair/Obscur. Et éditeur pour la maison d'édition Les Six Brumes. http://aveugle ...
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