C'est un belge, un français et une québécoise.. en entrevue

10 juin 2011 | par Chartrand Jimmy
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Quelques semaines avant le très attendu spectacle de la Tournée des francos de cette année le 15 juin prochain, je me suis entretenu au téléphone avec les forts sympathiques Albin de la Simone, Sacha Toorop et Marie-Pierre Arthur.

La tournée des francos?

Trois artistes, trois francophonies, trois spectacles, trois pays, voilà en gros ce qu'est la Tournée des francos, et, bien sûr, dans mon cas, trois entrevues. S'en tenir à trois questions aurait certainement été blasphème, surtout avec l'aisance dont bénéficiaient les entretiens avec les charmants artistes qui se produiront à L'Astral la semaine prochaine aux Francofolies de Montréal.

Donc le projet au fond consiste à marier, réunir, trois univers. Celui de Marie-Pierre Arthur, d'Albin de la Simone et de Sacha Toorop. D'abord, chaque représentant offrira une demie-heure de son cru et à la fin, tous reviendront pour donner place à une fusion unique dont personne n'a idée de ce que le résultat pourra bien avoir l'air. "Ce sera une surprise pour tout le monde" comme le dit bien Sacha, visant autant les artistes que le public. À ce propos, la réalité est encore plus frappante puisque les trois ne se pratiqueront pas avant la veille où ils auront enfin la chance de se rencontrer d'une part (ils n'ont communiqués que par courriel jusqu'à maintenant) et de pratiquer en studio de l'autre.

À propos des craintes qu'il pourrait y avoir, la pétillante Marie-Pierre Arthur n'hésite pas une seconde, elle n'est "pas inquiète pentoute" et sait que c'est surtout la spontanéité qui sera à l'oeuvre. Elle ajoute également que cela lui tente d'être dans un tel contexte, soit, d'avoir droit à l'erreur et aussi d'être dans "le lousse qu'ils ont le droit d'avoir". De son côté, Sacha s'en dit particulièrement excité d'y participer et que le tout s'annonce particulièrement amusant et chouette.

Sacha Toorop

De belles rencontres

On pourrait donc croire que la pression serait plus forte du côté d'Albin puisque c'est lui le premier que Laurent Saulnier a approché, lui demandant ainsi de choisir les deux autres artistes pour l'accompagner, faisant de lui "le plus chanceux des trois". Toutefois, ce projet qu'il décrit comme étant "marrant" voire "rigolo" s'est certainement un peu imposé de lui-même alors qu'il a choisi tout naturellement Sacha qu'il aime bien et Marie qu'il connaît bien comme ils ont déjà participé à Studio 12 tous les deux et que comme le dit Marie-Pierre "ils avaient eu ben du fun", ce qui la rendait certainement fort heureuse d'être sélectionnée. Ces deux derniers par contre ne se connaissent pas ni personnellement ni artistiquement, mais ils n'ont pas perdu de temps pour aller fouiller un peu.

Sacha qui est toujours heureux de rencontrer de nouvelles personnes est sans contredit ravi d'en faire de même avec Marie-Pierre et pour ce qu'il a trouvé sur le net, il aime bien ce qu'elle fait. Même chose pour cette dernière qui ne le connaissait vraiment pas, mais qui a de plus en plus de plaisir à le découvrir alors qu'ils s'échangent toutes sortes de liens, d'extraits, de musique, et qu'elle aime ce qu'il lui envoie. Elle a donc hâte de le rencontrer comme elle aime la façon dont se il présente et parce qu'elle trouve qu'il a l'air drôle, elle rajoute également que "ça a l'air le fun ce qui se passe dans sa tête!" Sacha explique également qu'il a rencontré Albin il y a quelques années et que s'ils se retrouvent souvent, ils n'ont jamais collaboré ensemble, musicalement du moins.

Bien qu'il reste à voir leur chimie sur scène, à les entendre parler, on ressent déjà une belle complicité qui en émane. Est-ce parce qu'ils ont tous un parcours similaire? Albin et Marie-Pierre ont d'ailleurs tenu à préciser qu'ils sont tous des musiciens (Marie-Pierre est bassiste, Albin est pianiste et Sacha batteur), mais également des accompagnateurs qui ont tous finis par donner leurs premiers jets solos, tout en prenant le micro. Pour Albin, c'est la description même d'un parcours de musicien professionnel, ce que l'on voit peu en France. Mais la rencontre de trois artistes qui ont derrière eux un passé semblable, un cheminement similaire en fait une que tous décrivent comme étant "fun", comme l'indique Albin, le rire aux lèvres, tentant d'emprunter nos expression plus typiquement québécoises. Marie-Pierre qui indique qu'ils s'arrangeront pour que tous puisse jouer de son instrument, est confiante: "ce sera le fun ce qui va se passer".

Ici, ailleurs..

Comme il y aura une représentation dans chaque pays, il allait de soi de demander si leurs approches étaient différentes selon les régions.

Pour Albin qui était tout récemment à Montréal en Lumière comme il accompagne Vanessa Paradis, les différences sont étonnantes. Non seulement parce qu'il se sent très à l'aise tel qu'il est au Québec, mais aussi parce qu'en quelque part, il a l'impression que ce qu'il fait est étonnamment mieux compris ici qu'en France. S'il dit ne pas vouloir nous "flatter, nous flagorner" par une telle révélation, il indique tout de même que lorsqu'il a fait la première partie de Vanessa en février dernier, quelque chose de merveilleux s'est déroulé puisqu'alors qu'il n'était qu'accompagné de son piano, malgré l'immensité de la Place-des-Arts, il avait l'impression de jouïr de l'intimité d'une petite salle tel L'astral. S'il est venu ici à une vingtaine de reprise, il ne se cache donc pas pour dire qu'il est carrément amoureux du Québec.

Pour Sacha, bien qu'il aie collaboré au film Congorama de Philippe Falardeau qu'il a rencontré en Belgique, il reste tout de même plus méconnu ici. Après tout, s'il est venu trois ou quatre fois par le passé, c'était surtout à titre de musicien, d'accompagnateur, alors que sa prochaine prestation sera sa première occasion d'enfin montrer son matériel à lui. Pour ce qui est du public, il indique qu'il y a plus de liens entre le public et l'artiste au Québec et qu'en quelque part, il y a plus de similitudes entre les belges et les québécois qu'avec les français.

Pour Marie-Pierre, elle a fait la Suisse et la France quelque fois par le passé avec le band. Si elle souligne l'exotisme de l'expérience, elle s'adressait à ces différents publics aussi naturellement qu'avec n'importe quel autre, arrivant à les conquérir surtout par le biais de "la drive" ou même des cover.

Marie-Pierre Arthur

Et ensuite, dans l'avenir?

Pour ce qui est de leurs carrières, si Albin n'est pas impressionné par son parcours, il se montre particulièrement humble face à ce qu'il lui reste à faire. Pour lui, s'il lui reste à faire plein de choses, il lui reste surtout à faire un bon disque puisqu'il n'a jamais l'impression de faire totalement quelque chose qui lui plait, détestant l'idée de devoir figer un produit sans pouvoir rien y changer par la suite. C'est donc par frustration, mais également "par appétit" qu'il fait autant de chose, histoire d'essayer de surmonter son insatisfaction permanente. Par contre, sur scène il ne souffre pas et "c'est le plaisir qui le fait continuer". Il a un désir profond que tout évolue ce qui n'est pas le cas lorsqu'il doit faire la finition d'un disque (choisir les titres, la pochette, etc.), lui donnant constamment l'impression d'avoir raté son coup.

De son côté, Sacha trouve également qu'il reste tout à faire, même s'il se montre fort heureux de son parcours musical. Malgré tout, il rencontre le même genre de frustration qu'Albin, se montrant toujours en manque de plus. Dans l'avenir, il prépare son prochain album qui sera en français et qu'il prévoit sortir au milieu de 2012, tout en travaillant sur la production du disque de son papa, dont la sortie est prévue en Europe dans quelques mois. De sa définition, c'est un tout autre genre de musique évoquant les années 60. Sinon, il ne compte pas arrêter d'être musicien alors qu'il s'amuse encore à jouer pour les autres et à répondre aux demandes qu'on lui fait, il sera d'ailleurs de la tournée d'Axel Red en Europe.

Pour Marie-Pierre, pas très différent puisque comme elle le dit si bien "y en reste en maudit des choses à faire". D'ailleurs, alors que sa propre tournée de promotion a pas mal fait son bout de chemin, elle indique que dans ces moments, ce que tu ressens c'est l'envie de refaire des bonnes tounes, mais surtout, de se dépasser. Elle précise que quand elle n'aura plus envie ce sera un signe, mais tant qu'elle sera capable de s'épater elle-même, de se faire triper, elle continuera. Bien sûr, elle rêve à s'imaginer un plus grand public qui est d'ailleurs toujours de plus en plus significatif depuis son premier disque, mais elle est en pourparlers pour sortir son disque ailleurs, ce qui la réjouit certainement. Dans un avenir plus près, outre la possibilité de remporter le prix Félix-Leclerc remis le lendemain de la performance, elle collabore également à deux des spectacles extérieurs, soit celui de Bernard Adamus qu'elle voit comme un gros party, et celui de clôture avec Damien Robitaille qu'elle décrit comme étant "fou raide". Elle se montre d'ailleurs particulièrement allumé face à ces deux participations dont elle conclut l'intérêt comme étant "trippant en maudit".

Pourquoi y assister?

Enfin il était de mise de demander à chacun une ou plusieurs raisons indiquant pourquoi il fallait assister au spectacle qu'ils donneront.

Pour Sacha, parce que c'est la belle saison, pour retrouver des personnes qu'on a connu ou pour en découvrir des nouvelles, parce que c'est toujours amusant et surtout, parce que c'est un événement chouette à vivre.

Pour Marie-Pierre, c'est pour entendre ses nouvelles chansons, mais aussi pour découvrir à la fois Albin qui est magnifique et Sacha qu'elle découvrir tout autant, mais surtout pour rendre compte de la complicité qui devrait certainement en découler.

Pour Albin s'il ne sait pas si l'approche de cette année pour la tournée des francos est véritablement différente, il pense assurément qu'il y aura des étincelles. Il indique donc qu'il faut y assister pour découvrir à la fois les artistes, mais également ce qui va se produire, tout en ayant la rare occasion d'assister à un concert présenté dans un format inhabituel.

Albin de la Simone

Notons que le spectacle du Québec donne le coup d'envoi, comme nos francos sont avant les autres, et que le spectacle d'après sera un mois plus tard en France et 10 jours après ce dernier en Belgique.


On se retrouve donc le mercredi 15 juin prochain à 19h à L'Astral dans le cadre des Francofolies de Montréal.

Pour le reste, on surveille certainement ces trois passionnants artistes qui risquent de faire encore bien parler d'eux!

Publié le 10 juin 2011 dans: Pop

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Le cinéma c'est la base même de ma vie, la constante de ma personne, alors qu'il compose à la fois mon travail, mes études, ma passion et chaque instant de mon existence. Face à tant de dévouement qui doit certainement être aussi lassant qu'envahissant en quelque part ...

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