Concours Nouvel Auteur - Message aux « GAGNANTS »

24 septembre 2009 | par Stéphane Dompierre
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Bon ben. Ça y est. Tu as gagné le concours Nouvel Auteur, ou bien tu as envoyé ton manuscrit chez un éditeur et il a dit « oui ». BRAVOBRAVOBRAVO ! Euh, mais, il se passe quoi, maintenant ?

1. Tu travailles avec un éditeur.

Le mythe : l’éditeur veut tout te faire changer, réécrit ton roman, te lie sous contrat pour les mille prochaines années, vole ta chemise et brise tes rêves. La réalité : l’éditeur s’assure que l’auteur a écrit le meilleur roman qu’il pouvait écrire. Il peut te suggérer de couper des parties inutiles, d’améliorer des parties faibles. Ce sont des suggestions, pas des ordres. Mais si t’es trop têtu pour profiter des conseils de gens expérimentés, tant pis pour toi.

2. Tu travailles avec une correctrice.

La correctrice, c’est celle qui te retourne ton manuscrit tout barbouillé de rouge. Après une journée passée sous ton bureau à hocher la tête d’avant en arrière à répéter « je sais pas écrire, je sais pas écrire », tu acceptes simplement les corrections, tu élimines les anglicismes, les répétitions inutiles et les incohérences. La correctrice est ton amie. Et, si elle te suggère une solution de remplacement, n’oublie pas que ce n’est qu’une suggestion. Elle ne changera pas le moindre mot de ton manuscrit sans ton consentement.

3. Tu travailles avec un graphiste.

Mêle-toi de tes affaires. Et je t’assure que la couverture de ton livre, c’est ton affaire. Imagine-toi dans un salon du livre, obligé de signer ce roman dont la couverture te dégoute. Mais bon. D’un autre côté, si le graphisme et l’art visuel ne t’ont jamais intéressé, fais-leur confiance. Ils sauront trouver une illustration qui convient surement mieux que ce beau petit dessin de toi et de ta maison avec de la fumée qui sort de la cheminée fait au crayon de cire par ton enfant de trois ans pendant un trajet en voiture sur des chemins cahoteux. Un des plus beaux moments de la carrière d’un auteur, c’est quand tu reçois une boite contenant des copies de ton premier livre. Ne gâche pas ce moment en acceptant une couverture laide.

4. Tu travailles avec une attachée de presse.

C’est elle qui fait en sorte que les médias soient au courant de la parution de ton livre. N’oublie pas que ce n’est pas de sa faute si aucun média ne s’intéresse à ton livre, hein. Elle est là pour en parler, pas pour faire des miracles. T’avais qu’à pas écrire une étude comparée des loutres et des furets dans l’œuvre de Nostradamus.

5. Soudainement, tu passes de l’autre côté de la clôture.

Quand mon premier livre est sorti, j’ai été trois mois sans oser rentrer dans les librairies. Je voulais pas qu’on pense que je venais fouiner pour voir si mon livre était mis bien en évidence sur les tablettes, et l’idée de croiser un acheteur mon livre à la main me donnait le tournis. Je me suis vite rendu compte que de toute façon on reconnait rarement les auteurs, alors j’ai pu recommencer à sortir de chez moi sans cagoule, sans déguisement, sans garde du corps et sans gloire.

Bienvenue dans le club.

PS. : Cela dit, hein, ho, je parle de MON expérience avec MES éditeurs. Je ne suis pas au courant de comment ça se passe ailleurs. On me dit que certains éditeurs vous vident de votre sang, vous dépouillent jusqu’à votre dernier sou, volent votre manuscrit pour le signer de leur nom et ne sortent qu’à la nuit tombée pour se nourrir de chair humaine. Allez savoir.

Publié le 24 septembre 2009 dans: Nouvel Auteur

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1 commentaire

Par MichèleP le 25 septembre 2009
C'est mon expérience avec mes éditeurs aussi. J'ai encore tous mes morceaux!

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À propos du blogueur

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Stéphane Dompierre

Stéphane Dompierre accumule les succès depuis son arrivée dans le monde littéraire en 2004 avec Un petit pas pour l’homme, qui lui a valu le Grand Prix de la relève littéraire Archambault. Porte-parole de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur en 2008 et en 2009 ...

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