Confucius et le livre numérique

09 septembre 2009 | par Caroline Allard
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Là, les amis, ça va mal. Je voulais vous parler de mon expérience de lecture sur le Reader, mais ma fille aînée ne m’a presque jamais laissé l’utiliser. Semble-t-il que c’est long à lire, Tentation et Fascination.

Par contre, j’ai espionné l’expérience de lecture de Clémentine et j’en tire les conclusions suivantes :

  • Pour elle, que le livre soit papier ou sur support numérique ne fait aucune différence. Elle lit toujours affalée dans le divan et sous un éclairage insuffisant (elle tient de sa mère, comme la mienne pourrait vous le dire).

  • Du point de vue de l’observateur, ça fait étrange de voir quelqu’un lire un livre comme s’il tenait un miroir. Parfois, je devais réprimer l’impulsion de dire à Clémentine de lâcher les jeux électroniques alors que je ne l’embête jamais lorsqu’elle a la tête plongée dans un livre papier.

  • Un enfant de 10 ans familier avec un ordinateur peut maîtriser instinctivement toutes les fonctions du Reader en quelques minutes. (Je précise que ça a aussi été mon cas.)

Les quelques fois où j’ai réussi à subtiliser le Reader à Clémentine, je l’ai amené au travail et j’ai lu quelques pages dans le métro. Le changement dans le « geste » de lecture est un peu déstabilisant au début (ça fait bizarre de tenir un « livre » différemment!). Cependant, une fois la lecture commencée, j’y ai été plongée comme dans un livre papier. Je craignais au début que les pages ne « tournent » pas assez rapidement à mon goût, mais non.

En ce qui concerne la grandeur de l’écran, je suis ambivalente. Je dirais que la satisfaction dépend du livre lu. Alors que les romans « traditionnels » se lisent bien sur l’écran du Reader, on peut être davantage frustré par la lecture des livres illustrés, qui sont souvent d’un format plus grand en version papier.

Mais, comme dirait Confucius, le format est une chose, et le formatage en est une autre. À ce sujet, après avoir téléchargé quelques livres qui contenaient des images, j’ai tout de suite constaté que, si le document n’est pas formaté correctement pour un usage sur le Reader (ou autre), sa lecture peut devenir très ardue. Par exemple, une BD pour adultes intitulée Le monde selon la cane est tout simplement illisible sur le Reader. Il ne s’agit même pas d’un livre avec des images très sophistiquées (pardon, illustrateur/trice); le problème vient manifestement du fait d’avoir négligé de tenir compte de la lisibilité en faisant la conversion vers un livre numérique. Ce n’est pas un défaut du lecteur Sony lui-même; ce dernier contient d’autres livres dont les images sont magnifiques. C’est plutôt le signe que les éditeurs qui voudront diffuser sur support numérique des livres avec des images devront impérativement s’assurer de leur qualité visuelle et même de leur intelligibilité.

À ce propos, j’ai pu comparer deux types de conversion de livres papier vers le numérique grâce à un exemplaire des Chroniques d’une mère indigne disponible via jelis.ca en pdf, et un exemplaire envoyé par mon éditeur en format ePub.

  • Le format pdf semble d’abord plus réussi : on y voit la page sur l’écran comme on verrait la page du livre papier, avec la mise en page et tout, alors que le format en ePub est moins, sinon pas du tout, travaillé visuellement. Par contre, lorsque j’ai voulu augmenter la grosseur des caractères du format pdf, que je trouvais difficile à lire tel quel, les caractères ont bel et bien été agrandis mais le texte se brisait en milieu de ligne ou en milieu de page. Même si tous les mots s’y trouvaient encore, cela rendait la lecture moins agréable.

  • Dans le format ePub, au contraire, les lignes et les pages s’ajustent automatiquement à l’agrandissement des caractères, rendant la lecture plus fluide.

Pourrait-on rêver d’un système hybride? Parce qu’il est quand même dommage de sacrifier complètement une belle apparence pour des considérations purement pratiques. Enfin, c’est ce que me dit mon mari à chaque fois que je refuse de faire le souper vêtue de mon costume d’infirmière.

Publié le 09 septembre 2009 dans: Autre

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8 commentaires

Par Soizic le 09 septembre 2009
Ça, c'est de l'info sur le terrain! Merci Caroline pour ce suivi et ne te laisse pas faire par Clémentine, toi asusi tu as le droit de lire Tentation!
Par Caroline le 09 septembre 2009
Je dois dire que ses halètements de suspense me donnent le goût! ;-)
Par Caroline le 09 septembre 2009
(P.S. Ça se dit-tu, "halètements de suspense? On va dire que oui.)
Par Aldus le 09 septembre 2009
Merci pour vos premières impressions de lectrice Caroline. Une petite question sur l'appellation du "reader" au Québec. J'ai vu qu'Archambault utilisait le terme de "lecteur de livres numériques". En France, nous avons des partisans de la "liseuse" que je trouve personnellement désuet et suranné... Je milite aussi pour lecteur. Quel est la tendance au Québec, selon vous?
Par Caroline le 09 septembre 2009
Aldus, je ne sais pas quelle est la tendance ici. Mon éditeur, sur son blogue, parle de la "liseuse" dans son glossaire autour du livre numérique, mais j'ai plutôt tendance à utiliser "lecteur". Mais vous mettez le doigt sur quelque chose que j'avais senti et pas encore verbalisé: étrange de devoir nommer autrement que "livre" l'objet qu'on tient dans nos mains pour lire!
Par Neophyte le 10 septembre 2009
Merci Caroline pour ces chroniques sur le eBook Reader. J'hésitais à faire ce passage, je suis pourtant quelqu'un de très techno... Et en passant, si tu as la chance d'être capable de lire en anglais, tu devrais lire les Twilight en anglais. J'aime pas dire ça, mais même si les traducteurs font du bon travail... on gagne toujours à lire les versions originale. J'aime pas beaucoup les romances, mais j'ai lu les 4 livres en 3 semaines (tout en travaillant 37½h par semaine. lol)
Par Caroline le 10 septembre 2009
Neophyte, merci du conseil! C'est vrai que j'apprécierais certainement davantage dans la langue d'origine.
Par Aldus le 14 septembre 2009
Merci Caroline, intéressant de suivre l'aventure d'un mot!

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À propos du blogueur

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Caroline Allard

Auteure des Chroniques d'une mère indigne, tome 1 et 2, et porte-parole du Grand Prix Littéraire Archambault ainsi que du Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault.

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