
On voit le dernier roman de Patrick Senécal et on se dit: “Seulement 107 pages?” Mais 107 pages, c’est assez pour ce voyage dans l’insoutenable.
Sa femme, sa fille de quatre ans et son fils de deux ans sont morts dans un accident de la route pendant qu’il écoutait un DVD tranquillement assis dans son salon. Un dérapage sur une route verglacée au retour d’une visite chez la belle-mère. Bête de même… Pas de culpabilité, de déni, juste un sentiment de colère, de vide, de « tout ça pour ça ».
Si l’on avait été dans la plupart des histoires du genre (romans à l’eau de rose ou films hollywoodiens), le héros serait passé par toutes les étapes du deuil, pour finalement se reconstruire, en sortir plus fort et peut-être refaire sa vie. Mais on est chez Senécal, faut pas l’oublier! Cette épreuve, au lieu de le grandir moralement, va plonger le héros dans une errance qui le poussera à poser les gestes les plus extrêmes, à pousser le bouchon le plus loin possible, à inspirer au lecteur le mépris et la révolte plus que la pitié et la compréhension que ce genre de situation devrait provoquer chez lui. Point ici de rédemption ou de découverte salvatrice!
Ayant bénéficié d’une sortie plutôt discrète comparativement à ses derniers opus, « Contre Dieu » a été publié aux éditions Coups de tête, une maison reconnue pour ses publications courtes, punchées et hors normes. C’est donc dans cette veine que Patrick Senécal a écrit cette histoire, qui s’apparente plus à la nouvelle qu’au roman. Ça se lit d’une traite, sans reprendre son souffle. C’est d’ailleurs comme ça que l’a voulu l’auteur car, exception fait des quelques rares dialogues, il n’a utilisé aucun point, juste des virgules qui sont autant de points d’interrogation ou de coups de poing. Le narrateur, dont on ne connaît pas le nom ou les attributs physiques, semble s’adresser à lui-même (mais est-ce vraiment lui?)
On le suit dans ses pérégrinations avec la peur au ventre et en se demandant toujours jusqu’où sa quête va le mener. Encore une fois, Senécal joue habilement avec nos certitudes et nos prérogatives. Ce qui habituellement nous inspirerait compréhension et pitié finit par nous plonger dans la colère. Mais c’est comme ça que ceux qui l’aiment, l’aiment!
« Contre Dieu » n’est pas un roman aimable ou agréable. Par contre, il est punché, surprenant, dérangeant et mauditement bien écrit! Ce sont des qualités non négligeables.Mais je ne pense pas celui-ci devienne un film à succès...
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Publié le 12 janvier 2011 dans: Science fiction/horreur
La culture en général, mais surtout le cinéma et la lecture, est ma passion depuis mon plus jeune âge.
J'adore partager mes coups de coeur et propager la bonne (ou la mauvaise) nouvelle.
Entre un emploi dans le domaine de la santé et une deuxième carrière de mère de ...
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