Côté Blogue.ca rencontre Frédéric Beigbeder

16 octobre 2009 | par Marie Birrien
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Un des plus célèbres auteurs français bobos (bohème-bon chic), Frédéric Beigbeder, était de passage dans la métropole québécoise, pour parler de son « Roman français».

C'est un récit autobiographique où l’écrivain conte sa nouvelle crise identitaire après 48 heures passées en garde à vue pour consommation de cocaïne sur le capot d’une voiture à Paris. Rencontre avec le joyeux luron pour lequel plaisir rime avec liberté.

Nerveuse, j’ai préparé l’entrevue en ne sachant à quel personnage m’attendre. Allait-il du haut de sa célébrité, être pédant et exécrable ? Avait-il gardé une part d’accessibilité ? Poserait-il le masque impénétrable de la superficialité ? En revanche, quel plaisir de rencontrer l’un des écrivains les plus médiatisés à la plume fluide avec une ombre de noirceur cynique saupoudrée de « je m’enfoutisme ». Après avoir fait quelques recherches, regardée une entrevue menée par Gilbert Lozon pour les Francs-tireurs; difficile de ne pas catégoriser l’auteur en dandy, bourgeois, intellectuel narcissique, avide de stupéfiants, coureur de jupons dont le mot désir ne cesse de raisonner à l’esprit. Je souhaitais ainsi ne pas le catégoriser avec le mot décadence et chercher des caractéristiques autres qu’adolescent attardé.

Avec Meriem et Isabelle à la caméra, nous nous dirigions vers le café Cherrier sur Saint Denis pour rencontrer l’intéressé. Il arrive, poils au menton avec un tee-shirt à pomme sur lequel figure le titre des Beatles. « Maintenant que j’ai plus de 40 ans, je garde ma barbe pour cacher mon menton gringalet! » prélude l’homme rieur dont les yeux bleus brillent à mille à l’heure. On aborde l’amnésie évoquée au début du roman lorsqu’il cherche à se remémoriser son enfance. Peut-être s’agit-il d’un mensonge par omission puisque cette étape lui rappelle aussi des mauvais souvenirs avec une rivalité exacerbée entre son frère et lui, ainsi qu’un manque de confiance face à la gente féminine du notamment à un corps qu’il juge imparfait.

Ensuite, arrive l’épisode de la poudre blanche, ma fourchette tombe à terre au même moment. « Ça devient très grave, elle commence à perdre ses moyens » dit-il, « Surtout ne coupez-pas ce passage, c’est drôle. », l’écrivain raconte la prise de conscience pendant sa séquestration de 48 heures, sa volonté de retourner aux sources pour essayer de grandir et « ne plus devoir s’excuser d’être celui que je suis ». La suite de l’entrevue se transforme légèrement en séance de psychanalyse, on parle de sa fille « la personne que j’aime le plus au monde » et d’une de ses névroses « Je m’éloigne des gens que j’aime. » Enfin, on finit par aborder les femmes, « Les femmes que j’ai fréquentées ont toutes une caractéristique commune : elles ont beaucoup d’humour. J’ai toujours peur de m’ennuyer alors il faut que ma copine me fasse rire. »

Ainsi au-delà de son côté nombriliste, hédoniste et provocateur; je découvre un homme qui assume de plus en plus son imperfection et n’a de crainte d’évoquer ses tares et faiblesse. Ce qui n’est pas donné à tous. « La société veut trop nous mouler comme des êtres parfaits. Et pourtant, nous sommes tous faillibles. » Charmeur et généreux dans ses réponses, Frédéric prend un grand plaisir à parler de sa dernière création qu’il juge plus sérieuse et authentique. A la toute fin, comble du sort, il dédicace le roman en gribouillant, capuchon du stylo à la bouche, « Roo, je ne sais plus écrire, ça craint ! »

Crédits : Isabelle Legault, réalisation vidéo et Marie Birrien, entrevue

Publié le 16 octobre 2009 dans: Littérature

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4 commentaires

Par Bibi le 18 octobre 2009
La chute est très belle, ce n'est pas de la guimauve médiatique. Elle donne envie de plonger dans le livre. On pense quelque peu, avec prudence, au célèbre "L'Attrape Coeur" (The catcher in the rye). Enfin du beau Français, langue, du moins dans son pays d'origine, en pleine déliquescence. Puisse-t-elle survivre au Québec, même avec les "maudits" auteurs français étrangers qui y trouveront refuge.
Par Stelle le 21 octobre 2009
Sublime, naturel, sans chichis. Par curiosité, quelle date cette entrevue a-t-elle eu lieu?
Par Soizic le 21 octobre 2009
Bonjour Stelle! l'entrevue a eu lieu le 8 octobre dernier pour le passage éclair de Frédéric, chouette non?
Par Stelle le 22 octobre 2009
Oui, très chouette! Bravo!

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À propos du blogueur

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Marie Birrien

Je suis née à Brest, en France en 1983, j’ai grandi entourée de l’océan atlantique et de la chaleur des bretons. Avec un père baroudeur et une mère ouverte sur le monde, j’ai été élevée dans une atmosphère qui porte à découvrir d’autres univers, à sortir ...

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