
Mercredi, 19 août 2009, midi pile. AAAAAAHHHHHHH!! J’ai peine à y croire : j’ai enfin reçu mon Reader! L’achat de mon iPod date déjà d’il y a affreusement longtemps, et en tant que fan de gadgets électroniques, j’avais désespérément besoin de quelque chose de nouveau et d’intéressant à me mettre sous la dent.
Quand j’ai entendu parler des livres électroniques il y a quelques années, j’ai tout de suite voulu en avoir un, mais mon portefeuille m’avait exhorté à l’attente. Aujourd’hui, en tant que commanditée volontaire, le Reader me permet de donner libre cours à mon fétichisme de la gugusse à prise USB.
Les mains tremblantes d’émotion, j’ouvre la boîte et je manipule enfin l’objet du désir… pour deux secondes et demie, environ. En effet, un collègue du bureau s’approche aussitôt et m’arrache mon Reader des mains. Il l’allume (déjà, ça a l’air facile). À son air profondément méditatif, je crois qu’il est en train de chercher partout comment y installer des applications Facebook et Twitter. Quand je lui signale qu’il s’agit, en fait, d’un livre, il s’enfuit avec dans les toilettes afin de vérifier la lisibilité du bidule dans un endroit où les hommes, paraît-il, aiment bouquiner. Je crois qu’il cherche en fait du matériel pornographique, car il ressort au bout de trois minutes, rassuré quant à la lisibilité mais l’air tout de même un peu déçu de n’y avoir trouvé que Les Trois Mousquetaires. À moins qu’il n’ait déjà lu ce classique? Donnons-lui le bénéfice du doute.
Avant que mes autres collègues masculins ne me fassent le même coup, je cache le Reader dans mon sac à dos. Ce soir, à moi la découverte de cet univers inédit!
Mercredi, 19 août 2009, 19h. AAAAAAAHHHHHH!! Je suis à la maison, tranquille. Le moment parfait pour poser l’œil sur le nouveau continent. Sitôt allumé, il se retrouve dans les mains de mon mari qui, spécialiste en optique, y prend un intérêt tout professionnel. Espionnage industriel? Quoiqu’il en soit, je le lui confisque sitôt que je l’entends trifouiller dans le coffre à outils, encore échaudée par le souvenir de mon père qui avait semblablement mis à mort mon tourne-disque Fisher Price.
Mercredi, 19 août 2009, 19h45. AAAAAAAHHHHHH!! Je souffre d’une profonde dépression. Même après la chaude lutte qui m’a permis de récupérer mon Reader des mains du roi de l’optique, je n’ai pas encore trouvé le bonheur. Ma fille aînée n’a pas encore lu, elle, Les Trois Mousquetaires, et ça ne lui a pris que quelques minutes pour trouver l’ouvrage sur mon Reader. Elle se trouve à présent cachée dans notre sous-sol de banlieue, et elle lit. Et lit. Et lit encore.
Bref, les premiers jours, le Reader, c’est super frustrant.
La semaine prochaine, je devrais pouvoir vous parler du téléchargement de livres… si Clémentine a terminé son Dumas.
Caroline Allard
Publié le 01 septembre 2009 dans: Autre
Auteure des Chroniques d'une mère indigne, tome 1 et 2, et porte-parole du Grand Prix Littéraire Archambault ainsi que du Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault.
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