Des fantômes dans l'air

22 février 2010 | par Virginie Blanchette-Doucet
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Lancé à la librairie le Port de Tête en octobre 2009, le troisième et dernier recueil de poésie de François Turcot, Cette maison n’est pas la mienne, propose un voyage sur des lieux jadis habités par quelques familles en des époques différentes.

Dans cette maison qui semble parfois abandonnée, parfois tout habitée par les fantômes des générations précédentes, la visite se déroule en une série de flashs autour d’une table où un album photo s'ouvre. Chaque poème devient alors un regard lancé dans l'espace, dans le temps aussi, et l'impression qui s'en dégage est renforcée par le langage assuré de Turcot. Les souvenirs, pourtant pas les nôtres, à l’instar de la maison, se superposent quelquefois au réel dans l’inquiétante étrangeté propre aux lieux abandonnés.

Rassemblés par leur forme sous des chapitres aux titres déjà évocateurs quant à l’importance des photos, dont certaines ont été faites au daguerréotype (« L’histoire en négatif », « Une plaque impressionnée »), les poèmes tracent non seulement l’ambiance des lieux, mais aussi leur histoire. Sous les mots, on devine les informations historiques dont le poète s’est inspiré pour créer, et même si parfois le côté documentaire de la chose se met un peu en travers de la poésie, l’ensemble n’est pas dénué d’un cachet antique. Tout comme cette maison, d’ailleurs, qu’on découvre comme si on y était.

C’est évidemment l’intérêt central de ce recueil que ce sentiment un peu troublant d’être imposteur et à la fois presque un membre de la première famille, arrivée par bateau il y a plus d’un siècle. Les présences des anciens occupants se retrouvent partout, dans les photos, dans les phrases griffonnées dessous par des mains anonymes, que Turcot a intégrées à ses propres poèmes comme l’évidence que quelque chose, malgré le temps, existe encore. Dans les lieux comme dans la mémoire, derrière la page de garde transformée en antique poignée, tout à coup, on ne marche plus seul dans ces pièces au parfum de poussière.

Publié le 22 février 2010 dans: Littérature québécoise

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Virginie Blanchette-Doucet

Je suis à l'université en littérature, j'aime la danse, le dessin, les voyages, la photo, les chats (Poulin m'aimerait bien je crois), et bien sur la lecture et l'écriture.

Aussi, je suis une spécialiste des toasts au Nutella. Au plaisir!

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