
Cinq albums en moins d'un an , une compilation, un silence médiatique ; les journalistes avaient hâte de jaser avec le mystérieux chanteur. La sortie de Traces, qui se veut l'aboutissement de ce projet spécial, nous en a donné l'occasion.
C'est dans les locaux de sa compagnie de disque La Tribu (Les Cowboys Fringants, Robert Charlebois, Martin Léon) que nous avons rencontré celui qui a voulu apporter sa contribution pour sortir l'industrie du disque de sa torpeur.
Zik.ca: D'où est venue l'idée de sortir cinq albums en un an? Quelle était ta motivation?
Dumas: C'était de créer un espèce de laboratoire en studio dont le résultat fut les quatre minis albums (Nord, Rouge, Demain , Au bout du monde) qui allait aboutir à la création d'un «vrai» disque soit Traces. Aussi, chaque mini album auto-finançait le suivant.
Z: Est-ce que tout était planifié depuis le début; titres , dates de parution, direction musicale..etc?
D: Je m'étais donné une limite fixe d'un an. Je trouvais ça intéressant d'en sortir un par saison. Par la suite, nous n'avions pas d'autres contraintes à part que je ne voulais pas dépasser les 30 minutes par album. Pour le résultat final, l'album Traces, je ne savais pas l'an dernier quelle forme il allait prendre. Ça c'est précisé dans le processus .
Z: Et l'idée d'en faire des éditions limitées?
D: Je trouvais que ça expliquait beaucoup de choses ; le fait que je ne faisais pas de promos, que c'était plus expérimental. Le fait que ça limitait le budget m'a forcé à tout faire moi-même avec Louis Legault (NDLR:complice de longue date de Dumas) . Ça nous a beaucoup stimulé.
Z: Je crois savoir que tu es un fan de Joseph Arthur qui a fait un peu la même chose au milieu de la décennie, c'est- à-dire sortir coup sur coup trois-quatre albums. Est-ce que tu t'es inspiré de lui?
D: Oui. Surtout la série qu'il a fait au début des années 2000 , Junkyard Hearts, ça m'avait parlé beaucoup à l'époque. J'avais 23 ans et ça m'a inspiré Fermer la Radio (NDLR: un disque de B Sides que Dumas a sorti en 2004 et qu'il vendait seulement en spectacle). Ça me rappelait aussi l'époque de Ok Computer de Radiohead qui ont sorti un paquet de EP et singles avec des B-sides. Ça ne rejoint peut être pas tout le monde, mais je trouve l'idée intéressante .
Z: As- tu eu peur de blaser les gens à trop vouloir leur en offrir?
D: Je savais que ce n'était pas pour tout le monde. En même temps je ne m'attendais pas que ça marche autant. C'est pour ça aussi l'idée de l'édition limitée. Au pire, je vendrai ce qui reste en spectacle à ceux que ça intéresse.
Z: La discrétion médiatique faisait partie du plan. Est-ce que ce fut dur pour toi de taire les motivations derrière ta démarche durant tout ce temps?
D: C'était intéressant de voir comment le projet était perçu dans les médias. Il y a eu toutes sortes de réactions et d'interprétations. Le but était que je me concentre le plus possible sur le travail studio . Je voulais aussi que le premier contact que l'auditeur ait soit avec la musique de l'album et non par le biais d'une entrevue dans un journal ou un extrait promo sur le web.
Z:Le dernier Traces, c'est finalement un résumé des quatre autres?
Je voulais éviter de faire un best of des quatre. Je voulais faire un disque en soi, que quelqu'un qui n'a pas suivi la démarche puisse l'apprécier quand même. Il y avait aussi un désir de réécriture qui était prévu depuis le départ, comme par exemple Un train dans la nuit que j'ai dû rénover. Il y en a d'autres que j'ai carrément jeté par terre pour mieux les reconstruire. L'important est que ça donne un tout, que ça soit cohérent et homogène.
Z: Le mot «inconnu» ou le concept de l'«inconnu devant soi»revient souvent dans les paroles de l'album. As-tu eu le vertige durant la dernière année? L'angoisse de l'inconnu?
«Passer à l'ouest» sur «Traces» résume bien la thématique du projet, cette quête du bonheur qui peut être interprétée comme une quête collective , celle d'un peuple par exemple ou encore une quête plus personnelle. Et pour y accéder cette idée du goût du risque et de se mettre en danger. On peut faire un parallèle avec le projet des quatre albums mais c'est venu un peu naturellement comme thématique.
Z: Va-t-il y avoir un coffret réunissant les quatre ou cinq albums qui sortira éventuellement?
J'y ai pensé mais j'ai abandonné l'idée car je ne voulais pas être malhonnête avec ceux qui l'ont acheté alors qu'on leur a dit que c'était des éditions limitées.
Z: Merci Dumas! On te souhaite cinq Félix au prochain gala de l'Adisq
D: merci (sourire)
Traces sera en vente dès le 1er décembre.
Dumas sera en spectacle du 27 au 31 décembre et du 21 au 23 janvier 2010 au National.
Publié le 27 novembre 2009 dans: Franco
Responsable du contenu de Zik.ca, je suis un boulimique de spectacles et de découvertes culturelles. J'adore Hall & Oates mais je n'étais peut être pas obligé d'en faire part dans ma bio.
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