Entre fiction et réalité

09 mars 2010 | par Virginie Blanchette-Doucet
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Si on méconnaît la littérature des écrivains hispanos-américains, tentez un peu d'imaginer ce qui en est des oeuvres des femmes hispanos-américaines... Il n'est jamais trop tard pour s'y mettre!

Une semaine en octobre, c'est l'histoire, ou plutôt le mensonge, d'une vie. Tout commence avec Clara, femme mariée atteinte d'un cancer en phase terminale, qui écrit dans un cahier la rencontre de son amant, et comment ce dernier est mort entre ses bras. Son mari, Clemente, lira ce cahier, et le lecteur découvrira en alternance dans les chapitres tantôt les écrits de Clara, tantôt les réactions de son mari face à ce qu'il apprend.

Bientôt, on découvre par la voix de Clemente que certains éléments décrits par Clara comme des souvenirs et des personnages n'ont en fait jamais existés, tandis que d'autres passages révèlent par exemple comment Clara a découvert l'infidélité de son mari. Ce dernier est choqué par les nombreux mensonges, mais aussi irrémédiablement attiré par ce cahier laissé dans un tiroir de la cuisine, comme à son intention. Clemente est incapable de démêler la fiction des événements ayant vraiment eu lieu, autant qu'incapable d'avouer à sa femme sa curiosité et la lecture de ses écrits. La solution de l'intrigue dans laquelle il se retrouve pris jusqu'au cou nous échappe jusqu'à la dernière ligne, et encore, le doute se fait persistant.

Elizabeth Subercaseaux, originaire du Chili, tisse avec Une semaine en octobre un récit solide et émouvant dans les lieux de son pays, ce qui n'est pas sans soulever au passage toute une série de questionnements sur le machisme et le rôle des femmes. Comment se fait-il que Clemente trompe Clara pendant des années avec plusieurs maîtresses sans s'en faire outre mesure, et que cette seule infidélité de la part de Clara lui apparaît comme la plus grande traîtrise? Ces écrits d'une femme rongée par le cancer sont-ils pure vengeance ou dernières confessions? Un livre à lire pour la réflexion qu'il nous apporte, mais aussi pour le talent de cette écrivaine méconnue, qui aborde des sujets sérieux sans jamais les rendre lourds.

Publié le 09 mars 2010 dans: Littérature

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2 commentaires

Par Leroy le 09 mars 2010
Nice, j'adore les romans hispano-américains, leur étrange beauté, leur «labyrinthisme», mais en effet, je ne connaissais aucune auteure. Merci pour la découverte!
Par Virginie le 10 mars 2010
Y'en a plus qu'on croit, c'est dommage qu'on les connaisse pas mieux! Je te suggère aussi Le lieu perdu de Norma Huidobro, et les romans d'Isabel Allende, surtout ses premiers. Elle écrit aussi vraiment bien. J'ai un cours de "littérature des femmes hispanos-américaines" cette session-ci, alors c'est la joie :)

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À propos du blogueur

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Virginie Blanchette-Doucet

Je suis à l'université en littérature, j'aime la danse, le dessin, les voyages, la photo, les chats (Poulin m'aimerait bien je crois), et bien sur la lecture et l'écriture.

Aussi, je suis une spécialiste des toasts au Nutella. Au plaisir!

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