
Ce troisième billet (d'une série de trois) propose un retour sur l'avant-dernier weekend du festival Fantasia.
Après un sommeil réparateur, me voici en forme le dimanche pour découvrir Tomie : Unlimited, neuvième (!) volet d’une série de films fantastiques japonais consacrés au personnage de Tomie, jeune fille maléfique. Heureusement pour le public, cet opus peut être vu indépendamment des épisodes précédents, même si en avoir vu quelques-uns (ou avoir lu les mangas consacrés au personnage) enrichit l'appréciation du film. Le sympathique réalisateur Noboru Iguchi a présenté son oeuvre avec beaucoup d’humour, en soulignant sa filiation avec l'étrange Hausu (1977), que j’ai eu la chance de regarder voilà quelques années. L’un comme l’autre développent allègrement l’onirique, le bizarre et le grotesque (adjectif utilisé par le réalisateur pendant sa présentation du film, par ailleurs). Tomie : Unlimited est très imaginatif et, s’il n’est pas effrayant, il étonne sans cesse par des images et des développements narratifs imprévisibles. À voir !

J'ai terminé mon périple montréalais par un documentaire américain, Last Days Here, consacré à la formation de hard rock Pentagram, née en 1971. Groupe-culte au parcours sinueux et anarchique, Pentagram n’enregistra son premier album qu’une quinzaine d’années plus tard ! La personnalité chaotique du chanteur Bobby Liebling n’en est pas la moindre raison, comme le documentaire nous permet de le découvrir. Dépendant affectif et faisant usage de multiples drogues, Liebling rappelle plusieurs « légendes brûlées » du rock, les Brian Wilson, Roky Erickson, Syd Barrett, Arthur Lee et autres. Si certains d’eux sont parvenus à s’en tirer, ce n’est pas forcément le cas de tout le monde, et lorsqu’on découvre qui est Liebling, au début de Last Days Here, on doit admettre que le pari est loin d’être gagné. Quel pari ? Celui d’un fan, Sean Pelletier, qui s'est donné pour mandat de gérer et de relancer sa carrière. Celle-ci stagne depuis un bon moment, entre autres à cause de spectacles catastrophiques pendant lesquels Liebling s’effondre sur scène au bout de quelques secondes, dans le meilleur des cas. Le documentaire demeure passionnant pour qui s’intéresse aux légendes obscures du rock ; il en ressort le portrait pathétique d’un dépendant affectif prêt à tous les excès pour attirer l’attention. Une belle façon pour moi de conclure en beauté mon passage au festival, une expérience conviviale et sympathique.

Publié le 08 août 2011 dans: Autre
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