
Ça y est, le coup final a été porté, puisque dans ses derniers milles, FanTasia aura présenté son meilleur film de cette année.
Programme double qui relève de l'exploit, le festival a réussi à réunir Sion Sono et Park Chan-Wook dans la même représentation, fantasme rêvé de cinéphiles avertis.
Impossible de dire qu'on allait à reculons pour Night Fishing puisque c'est Park Chan-Wook et tout le monde sait que c'est un génie depuis les Oldboy, Lady Vengeance, Sympathy for Mr Vengeance et autres JSA, tous plus magnifiques les un des autres. Pourtant, on a levé la barre haute et on s'est dit qu'on ne se laisserait pas impressionner par un si gros nom, encore plus avec la proposition la plus inusitée que d'avoir réalisé entièrement son court-métrage d'une trentaine de minute avec un Iphone 4.
Par contre, oubliez tout ce que vous voulez croire. Le cinéaste est un virtuose et ce qu'il a fait relève non seulement de l'audace, mais également du tour de force. Comment s'y est-il pris? On ne le sait pas et on ne sait pas trop si on veut le savoir, mais qu'importe, l'ingéniosité et l’étendue des capacités dont il fait preuve réitère à quel point Park Chan-Wook, qu'il co-réalise ou réalise entièrement, est un cinéaste à part entière.
Du coup, visuellement, le résultat est une splendeur et la fluidité des mouvements épatent et défient la logique. Mieux, l'histoire vaut son pesant d'or et réussit à nous mystifier, se rangeant complètement dans les cordes du réalisateur, à mi-chemin entre étrangeté, croyances religieuses et j'en passe. Même le night fishing fait considérablement pensé à son fabuleux Thirst.
On ne peut donc que s'incliner, à nouveau, devant un maître en pleine possession de ses moyens, peu importe ce que ceux-ci peuvent bien être. Un grand coup dont on ne veut pas se remettre.
Pourtant, prêt à défier le maître précédent, le japonais Sion Sono, connu pour son extravagance qui s'est dévoilée autant explicitement -dans des Suicide Club ou autre Love Exposure, sa sensationnelle oeuvre fleuve de 4 heures qui a marqué à vie tout ceux qui ont eu la chance de le voir- ou implicitement -dans des oeuvres plus posées tel Hazard ou Hair Extensions-, a peut-être, avec Cold Fish, livré son plus grand film à ce jour, pour ne pas le qualifier de chef-d'oeuvre contemporain.
Le fait que le cinéaste a toujours offert un cinéma adolescent aussi trash que survolté et reconnu pour des excès démesurés, mais étonnamment bien contrôlé. S'il fait honneur à ses qualificatifs, s'inspirant ici de faits vécus, il impressionne et étonne en étalant une maturité cinématographique s'avère décoiffante.
Son Cold Fish est une décente aux enfers magistrales, rythmé avec minutie et précision et laissant de façon démoniaque son 2 h 24 se défiler comme un lent poison. Il présente d'ailleurs probablement la dégradation -pour ne pas dire évolution- psychologique la plus extraordinaire et réfléchie qu'on aie pu voir depuis fort longtemps.
Il faut ajouter que l'acteur principal s'investit avec intensité dans le rôle et la mise en scène de Sono castre autant son sujet que son spectateur pour le piéger dans l'ambiance dont on ne se sort plus. Par contre, sa malléabilité à jouer avec les tons surprend de façon tout autant déroutante. Avec une maîtrise incroyable, il parvient autant à jongler avec des scènes cruellement drôle que douloureusement insupportable, son dosage entre retenue et excès fait preuve d'un savoir faire tout simplement incroyable.
Mieux, si on reconnaît son style également par l'utilisation d'une trame sonore insistante, sa façon de faire rimer malaise avec Mahler, ne pourrait être plus ingénieuse.
Est alors livré un film malsain qui met au défi de façon fort sérieuse les limites du spectateur, juxtaposant côte à côte autant une violence psychologique étouffante, qu'une visuelle et explicite qui aura de quoi aveugler tout spectateur. C'est simple, son Cold Fish est une claque au visage sérieuse qui arbore une critique sociale déroutante dans un film tout simplement éclaté empreint d'un réalisme percutant.
C'est un long-métrage terrible qui veut choquer, mais qui ne fait pas que choquer. C'est une oeuvre qui s'incruste, qui traque et qui ne laisse plus tomber.
Les mots manquent donc pour en parler, mais une chose est sûre, Cold Fish est certainement l'un des plus grands films à avoir fait son apparition dans les dernières années. Ce n'est pas un bijou, c'est un roc et massif en plus.
En cette dernière fin de semaine on ne manque pas
La suite du fantastique week-end du court métrage québécois avec entrée gratuite pour tout, alors que samedi sera présenté à 11h un director's cut du captain America de 1990 secondé d'un autre long-métrage, en plus d'une reprise du fort rigolo Super en rappel à la même heure, le film de vampires inusité Stake Land en rappel à 15 h 15 pour ceux qui voudraient l'attraper une dernière fois sur grand écran comme il est déjà en DVD, la comédie romantique coréenne très réussie Petty Romance à 17 h 20, ainsi qu'Exit à 19 h 30 et Marianne à 21 h 30, alors que la présentation spéciale de The phantom of the opera avec orchestre à la Place des arts est présenté les deux jours à 19 h 30.
Dimanche, attraper au vol le director's cut de 13 assassin de Takashi Miike en rappel à 17h, tout comme Clown à la même heure ou Absentia à 21 h 30. Pour les autres, la remise des prix aura lieue à 19h, tout juste avant le Mexican Zappin' Party de DJ XL5's qui terminera certainement en beauté la 15e édition du festival.
Publié le 08 août 2011 dans: Autre
Le cinéma c'est la base même de ma vie, la constante de ma personne, alors qu'il compose à la fois mon travail, mes études, ma passion et chaque instant de mon existence. Face à tant de dévouement qui doit certainement être aussi lassant qu'envahissant en quelque part ...
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