
Après le coup de cœur total d'hier s'est immiscé dans le lot de l'extraordinaire programmation de cette année, un véritable bijou.
Ma plus grosse journée du festival jusqu'à maintenant qui n'aurait pas pu être plus concluante.
D'abord, le film canadien I Heart Doomsday qui s'est avéré être l'apothéose du trip d'ados: un film de science-fiction low-budget, très amateur (on est vraiment loin du charme étudiant) avec un esprit très adolescent et surtout, sans aucunes prétentions, dans le seul désir de divertir, mais surtout, de faire rire, même si pour ça, il faut faire appel au ridicule le plus poussé.
Ainsi, si on se lance dans le jeu et l'aventure, le film demeure alors délicieux et savoureux du début à sa toute fin à travers des performances tantôt minables, tantôt franchement épatantes pour livrer des dialogues spontanés et hilarant pour des situations des plus volontairement risibles.
Bref un bon divertissement que l'on a rarement la chance de voir ailleurs dans ce genre de festival, tant mieux! Le public a par ailleurs fortement bien réagi ce qui a réjoui le réalisateur qui était tout à l'image de son film: excité, semi-hyperactif et profondément bouffon, prêt à tout pour rire et faire rire.
Ensuite, The Naked Kitchen s'est avéré être la plus adorable (et délicieuse) comédie romantique avant de s'engluer dans le mélo dans son dernier tiers. Dommage puisque la première heure est d'une efficacité redoutable grâce aux performances franchement bien senties et aux directions prises par le récit qui s'éloignent des conventions du genre, avant de finir par les rejoindre. N'empêche, les repas qui ont l'air délicieux et le charme général aura tôt fait de séduire. Rien de bien grandiose, mais on apprécie quand même.
Suivait après la première du film de fantôme Phasma Ex Machina où une grande part de l'équipe (fébrile) s'était exclusivement déplacé pour l'occasion.
Un film solide, modeste, certes, mais fortement bien maintenu grâce à un scénario qui mise sur l'histoire, les émotions et la cohérence au lieu d'en mettre plein la vue et de sombrer dans le ridicule.
À cela, en mettant le drame à l'avant-plan entre ses familles éclatés et le deuil en général, en comptant sur de solides performances de la distribution, dont l'excellent Sasha Andreev qui se montre plus qu'idéal pour interpréter le protagoniste et assez solide pour ainsi porter le film sur ses épaules, Phasma Ex Machina devient bien plus qu'un simple film de fantômes, ce qui est tant mieux.
Par ailleurs, dépendant de comment on le vois, fut annoncé la nouvelle approximative que Fox en avait acheté le droit pour permettre ce qui s'annoncerait vraisemblablement pour être un remake. Seul l'avenir nous le dira, mais pour l'instant, vous êtes décidément mieux de vous en tenir à cette version franchement bien foutue pour ce que c'est.
Décidément, les premières oeuvres sélectionnées cette année dans la programmation, sans être extraordinaires, sont tous fortement prometteuses.
Par après, ce fut une révélation totale. Plus qu'un coup de coeur, un bijou, simplement, le film de Malaisie Sell out!
Comment le décrire? Difficilement, assurément, mais là n'est pas la question puisqu'il faut vraiment expérimenter le film. Sorte de croisement bizarre entre la comédie musicale la plus type, l'histoire romantique la plus banale, la critique sociale la plus épineuse, The Hudsucker Proxy des frères Coen et j'en passe, Sell Out! ne réinvente probablement rien, mais il cumule les idées de génie pour ramener à l'avant-plan une audace extraordinaire.
À coup sûr, il est le Love Exposure de cette année, bien qu'il n'en a pas la durée ou même l'excès de démence et de violence, il procure assurément la même jouïssance.
Satisfaction garantie ou argent remis, Sell Out! combine les genres pour briller de son inventivité et de sa justesse, impeccable de bout en bout, ne manquant pas de passer en revue une critique d'un nombre incalculable de choses (cinéma, artistes, pauvres, riches, injustices, naïveté, faiblesses, etc.) pour mieux divertir.
Puisqu'avouons-le, si, sommes toutes, le film parle et traite de sujets plutôt grave, c'est d'abord et avant tout le côté hautement humoristique qui passe. Pour ça, ne le cachons pas, on rit, on rit énormément même tellement le ridicule qui nous y est transmis n'est pourtant pas si éloigné de l'ultime vérité. De cet humour décapant et irrésistible dérive les autres sentiers empruntés par le film comme ses segments types de la comédie musicale, avec une dérision certaine, multipliant les airs accrocheurs pour des chansons franchement réussis. Chapeau à la scène de karaoké qui a poussé l'audience à interpréter cette chanson entièrement inconnue tous en choeur. Déjà un moment fort du festival.
De plus, les personnages franchement bien caractérisé, aussi attachants que par moment insupportables (mais toujours de façon comique), interprété avec brio par une distribution des plus inspirés et inspirantes, Sell Out! n'en finit plus de surprendre et de séduire.
Pas étonnant qu'il rafle bon nombre de prix partout où il passe, puisque ce film de Malaisie a vraiment de la gueule et également tout pour plaire.
Un bijou, un vrai, dont on prévoit une sortie cette automne. Je ne vous conseillerai jamais assez d'aller vivre cette expérience puisque jusqu'à aujourd'hui, Sell Out! est à coup sûr le meilleur film de l'édition de cette année du festival. Brillant.
Pour lui faire face, c'est l'étrange Fish Story qui a suivi, véritable ovni qui n'aura jamais totalement finit de pousser la réflexion alors que dans une chronologie fragmentée aie lieu plusieurs événements à des époques différentes qui ne pourraient pas avoir moins de liens ensemble.
Toutefois, la réalisation maîtrisée (la scène d'ouverture est magnifique) et le grand penchant pour la comédie aide le film à passer rapidement et à divertir souvent pleinement.
Surtout que la distribution offre des performances parfaitement bien dans le ton, ce qui aide assurément.
Si l'avant-dernier segment n'est peut-être pas le plus excitant, malgré sa justesse, le tout se rattrape pour sa magnifique finale, où tout nous est révélé. Une conclusion des plus récompensante pour un film des plus bizarres, où l'audace ne pourrait mieux rapporter. Deuxième représentation le dimanche 18 juillet prochain. On ne manque également pas demain Golden Slumber du même réalisateur pour voir s'il en a vraiment dans le ventre ou si Fish Story n'était qu'une erreur de parcours.
Enfin, à minuit, ce fut le tour de la projection spéciale du classique du cinéma d'horreur Re-Animator, avec le réalisateur et quelques autres invités spéciaux, présenté par un Mitch Davis des plus excité.
Dommage que la fatigue s'est mêlée de la partie puisque 25 ans plus tard, le film n'a pas vraiment pris de rides alors que son efficacité est toujours aussi redoutable. À ce titre, les effets spéciaux bien qu'il datent un peu sont encore très réussis, les interprétations sont bien dans le ton et surtout, les répliques sont cultes. Un classique à ne décidément pas mettre de côté.
Pour dimanche, on ne manque pas la représentation additionnelle de Air Doll, véritable petit bijou fortement adorable de Kore-Eda, Frankenstein Unlimited, Black Lightning, un film de superhéros russe qui s'annonce des plus trippant, The neighbor zombie, Accident, Nevermore: an evening with Edgar Allan Poe, The Executioner qui s'annonce très émotif et Bodyguards and Assassins récipiendaire d'un grand nombre de prix ici et là.
Publié le 17 juillet 2010 dans: Science-fiction
Le cinéma c'est la base même de ma vie, la constante de ma personne, alors qu'il compose à la fois mon travail, mes études, ma passion et chaque instant de mon existence. Face à tant de dévouement qui doit certainement être aussi lassant qu'envahissant en quelque part ...
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