
Je vais vous faire un terrible aveu. J’ai dit que j’avais accepté de devenir porte-parole des Grands Prix Archambault par amour de la lecture -ce qui est vrai, évidemment, je ne mentirais pas sur un sujet si important -, mais il y a autre chose.
J’étais aussi une lectrice perdue, qui n’avait pas lu autre chose (ou presque) que des romans policiers pendant des années. Un exil d’abord volontaire : je venais de relire (si, si, relire) la Recherche et Belle du Seigneur, alors j’avais comme qui dirait besoin d’une pause. Mais de fil en aiguille, et de Dennis Lehane en Lawrence Block, en passant par Ian Rankin et Sue Grafton, je me suis égarée dans les dédales d’intrigues policières jusqu’à ne plus avoir vraiment envie d’en sortir. D’ailleurs, je le dis en toute sincérité, un vrai bon roman policier peut nous en apprendre beaucoup sur l’âme humaine.
Mais voilà qu’on m’a proposé ce statut de porte-parole, et une petite voix intérieure m’a murmuré « bon, c’est peut-être le signe qu’il est temps de lire autre chose ». Ce que j’ai fait. Et j’ai eu un choc. Vous savez, quand on ouvre les fenêtres après l’hiver et qu’un vent de printemps vient faire voler vos rideaux et vous remettre de la broue dans le toupet?
Ce n’est pas compliqué, j’ai tout lu avidement et j’ai aimé tout ce que j’ai lu. C’est d’ailleurs en tout respect pour tous les auteurs nominés que je me permets de dire que, dans cette perspective de renouveau littéraire personnel, j’ai été marquée par deux romans lus au tout début de ma « mission » : La sœur de Judith et Ceci est mon corps. La sœur de Judith, de Lise Tremblay, parle d’émancipation et d’ouverture de manière délicate et brillante, et surtout, m’a ramenée avec bonheur au paysage québécois de la littérature. Et Ceci est mon corps, de Jean-François Beauchemin : quelle émotion de voir un auteur québécois embrasser avec autant de liberté et de profonde humanité un thème (la vie du Christ) que les auteurs d’ici s’approprient rarement. Et les lectures qui ont suivi ont été pour moi autant de fenêtres qui se sont ouvertes avec bonheur sur notre littérature.
Et vous, quelles fenêtres littéraires se sont ouvertes pour vous récemment?
Cet aveu accompli et l’esprit plus léger, je peux maintenant annoncer en grande pompe les noms des gagnantes (hé oui, ce sont toutes des gagnantes) du Super Concours International « Lisez, Votez, Soyez Pigés et Gagnez des livres » tenu sur le blogue de Mère indigne. La pige a eu lieu hier soir, et les résultats sont les suivants :
Mère indigne a pigé Stéphanie Nolin, qui se mérite les livres en nomination au Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault;
Père indigne a pigé Julie Savage-Fournier, qui se mérite les livres en nomination au Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault;
Fille Aînée a pigé Doparano, qui se mérite les livres en nomination au Grand Prix Littéraire Archambault (prix du public);
Et Bébé a pigé Jany Descôteaux, qui se mérite les livres en nomination au Grand Prix Littéraire Archambault (prix du public).
Merci à tous d’avoir participé, on recommencera l’an prochain! Bravo aux gagnantes, et je vous souhaite à toutes des moments remplis de belles découvertes littéraires.
Publié le 01 avril 2009 dans: Littérature
Auteure des Chroniques d'une mère indigne, tome 1 et 2, et porte-parole du Grand Prix Littéraire Archambault ainsi que du Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault.
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