
Je ne sais pas ce que vous faites avec les livres que vous venez de terminer, mais moi, ça ne me dérange pas du tout de m’en départir à l’endroit même où j’ai fini d’en lire la dernière ligne.
J’ai abandonné des livres dans le métro ou sur un banc de parc bien avant d’avoir entendu parler du Passe-Livre.
En particulier quand je vais en voyage, les livres que je mets dans ma valise à l’aller s’y trouvent rarement au retour. D’ailleurs, une fois, j’étais persuadée d’avoir faussé compagnie au Vide de Patrick Senécal dans un hôtel de San Francisco mais, par le fruit d’un hasard incroyable, mon exemplaire s’est finalement retrouvé, quelques années plus tard, chez Patrick Senécal lui-même. (Bon, ça n’était pas le fruit d’un hasard si incroyable que ça, mais dit comme ça, ça en jette, alors je vous laisse spéculer.)
Tout ça pour dire que, la semaine dernière, je suis allée à Cuba. Et à Cuba, sans vouloir vous embêter avec les détails, il y avait :
du soleil une mer turquoise du sable fin pas d’habit de neige à enfiler aux enfants parce qu’il fait froid des pinas coladas du rhum and cola du cha cha cha le Che à toutes les salsas pas d’agenda et Tarmac, de Dickner, Nicolas.
Ben oui, Tarmac. Il avait fait le voyage dans mon bagage à main – c’est toujours rigolo de lire un livre qui parle de fin du monde quand on se trouve dans un avion entre deux zones de turbulences.
Après l’avoir traîné avec moi sur la plage, au buffet et dans une mangrove pleine de crocodiles, j’ai fini de lire Tarmac dans le lobby pendant que le reste de la famille jouait au billard et se bourrait de churros.
Après avoir lu la dernière page, je me suis dirigée vers le bar (il était déjà onze heures du mat’) et j’ai laissé le livre de Dickner sur une table basse, dans le lobby. Qui l’a ramassé? Un Cubain francophile? Un Allemand bourré? Votre belle-sœur? Quoi qu’il en soit, je me plais à penser que, grâce à moi, il y a un morceau de culture québécoise qui se promène quelque part sous le soleil des Tropiques.
Et si, un jour, à l’hôtel Blau Colonial de Cayo Coco, vous trouvez Tarmac abandonné dans le lobby, sur une table basse, près de la table de billard, hé ben, euh, lisez-le. C’est bon.
Bon sang, c’est fou comme le temps file!
Dépêchez-vous d’aller sur la page du Grand Prix du public Archambault afin de voter pour votre livre favori; le concours se termine le 7 mars!
Publié le 17 février 2010 dans: Porte-Parole
Auteure des Chroniques d'une mère indigne, tome 1 et 2, et porte-parole du Grand Prix Littéraire Archambault ainsi que du Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault.
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