
«La route » est un roman sombre et bouleversant, aux accents de réalisme poignant. Encensée par la critique, l’œuvre de l’auteur américain Cormac McCarthy est géniale, mais est-elle «aimable» pour autant?
L’apocalypse a eu lieu et la race humaine, on ne sait trop dans quelles circonstances, a été décimée. Ne restent plus que quelques survivants, dont des groupes de cannibales qui se mangent entre eux. Un homme et son fils marchent sur la route, poussant un caddie qui contient tous leurs avoirs. On ne connaît rien d’eux, ni leurs noms, ni leur âge, ni leur nationalité. Leur but : survivre à la prochaine journée, la prochaine nuit. Et, peut-être, trouver des « gentils » comme eux.
Le drame a déjà eu lieu depuis plusieurs années. Contrairement à la plupart des films apocalyptiques très à la mode ces derniers temps, « La route » se concentre donc sur l’après anéantissement de la Terre, et non sur le pendant. Dès les premières pages, McCarthy plonge le lecteur dans une ambiance grise et extrêmement lourde. On comprend vite que l’Homme survie pour le Petit, son fils à qui il veut en apprendre le plus possible avant de passer l’arme à gauche. D’ailleurs, au-delà des conditions de vie misérables auxquelles ils sont réduits et des atrocités qui sont décrites dans cet ouvrage, c’est surtout cette peur de laisser son enfant seul au monde qui a bouleversé la maman que je suis et qui m’a rendu cette lecture quasi-insupportable.
C’est l’unique roman de Cormac McCarthy que j’ai lu, alors j’ignore si c’est son style habituel, mais son écriture, tout comme ses propos, est ardue et très lourde. La ponctuation qui facilite habituellement la lecture est ici plutôt absente et les virgules sont remplacées par des « et » pour ponctuer les actions des personnages. Les dialogues, peu nombreux, s’enchaînent sans mentionner qui dit quoi et ça peut devenir difficile à suivre. Si McCarthy utilise cette technique pour alourdir son propos et créer le malaise chez le lecteur, c’est une très bonne technique. Par contre, si c’est son style habituel, c’est étrange…
« La route » est le genre de bouquin qu’on ne lit qu’une fois, mais qui reste longtemps en tête. Une œuvre douloureuse et ardue, que je crois nécessaire, mais que je ne conseillerais pas à tout le monde. Pas sûre que j’ai vraiment envie de voir le film…
Publié le 11 mars 2010 dans: Littérature
La culture en général, mais surtout le cinéma et la lecture, est ma passion depuis mon plus jeune âge.
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Entre un emploi dans le domaine de la santé et une deuxième carrière de mère de ...
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