L’école des titres

10 mars 2011 | par Caroline Allard
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Pas mal, comme titre de billet, non? C’est joli, je trouve. Ça fait L’école des fans, nos yeux sont déjà habitués au début de l’expression, c’est confortable, on est en terrain connu, et pourtant, à la fin, coup de théâtre. Éblouissant.

C’est d’autant plus admirable que je vais vraiment parler de titres. De titres de romans et de nouvelles, surtout. Et pas des titres qui existent déjà, mais ceux qui restent à trouver.

Les maudits titres.

Enfin, je dis « les maudits titres », mais personnellement, j’aime bien me casser la tête pour en trouver un. C’est comme un jeu de hasard. Je fais rouler des mots dans ma bouche, comme des dés (comme on fait rouler des dés dans une main, je précise, pas dans une bouche – les métaphores, prochain sujet de chronique), et à un moment donné, je crache la combinaison gagnante.

Mais pour d’autres auteurs, c’est la croix et la bannière, la boîte de Pandore, la queue du veau et les dents de la poule. Il y en a pour qui l’enfer, c’est les titres. (Tiens, un autre bon titre pour cette chronique. Désolée, la place est déjà prise.)

Ne pouvant rester insensible aux angoisses de mes collègues, j’ai décidé de dresser une liste d’étapes à suivre pour trouver un titre à un roman.

  1. Réfléchissez cinq minutes. C’est la première chose à faire et la plus facile, puisqu’on en connaît déjà l’issue : ça ne marchera pas.
  2. Ouvrez la télé et notez la première phrase que vous entendrez au hasard. C’est votre titre. Selon ce principe, mon prochain roman s’intitulerait Méfiez-vous des cancrelats. Mais il se pourrait que le titre du vôtre soit La vie est Bell.
  3. Branchez-vous sur votre inconscient. Faites une liste de vingt titres rapidement, en mode « écriture automatique ». J’ai fait ça pour un ami dernièrement et il n’en a aimé aucun. Moi, Élégance et eucharistie, je trouvais que ça en jetait, mais des goûts et des inconscients, il ne faut pas discuter.
  4. Consultez un dictionnaire des expressions et des proverbes, la liste des chansons les plus populaires des cinquante dernières années, les étiquettes d’avertissements sur les aliments, pour voir si, moyennant un éclair de génie, quelque chose ne pourrait pas convenir à votre chef-d’œuvre. Quoique Peut contenir des Rachid, ça n’est peut-être pas l’idée du siècle non plus.
  5. N’y pensez plus et réveillez-vous un bon matin avec, en tête, votre titre. Comment n’y aviez-vous pas songé avant? C’était pourtant clair, que dis-je, limpide. Et en plus d’être pertinent, il est beau, ce titre. Non, il est adorable! Vite, soumettez-le à votre éditeur, qui ne l’aimera pas, et débrouillez-vous autrement. Enfin, bref, L’école des titres, c’est joli, ça m’est venu tout seul, mais c’est aussi un titre hautement inexact : à l’école, on apprend des choses alors que dans ce billet, non. C’est la preuve par quatre qu’au bout du compte, dans sa quête du titre parfait, l’auteur est seul, seul, seul.

Comme pour tout le reste.

Tiens, c’est un bon titre, ça, Comme pour tout le reste! Je l’offre à la première personne qui le réclamera afin que ce billet n’ait, contre toute attente, pas été publié en vain.


Ne cherchez plus le lien vers le concours, les votes sont terminés pour le Grand prix littéraire Archambault, section « Grand prix du public ». Les deux gagnants (grands prix du public et de la relève) seront connus en avril. En attendant, allez contempler les titres des romans en nomination et inclinez-vous devant le talent et l’ingéniosité des auteurs.

Publié le 10 mars 2011 dans: Porte-parole

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1 commentaire

Par  le 10 mars 2011
Très, très intéressant!

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À propos du blogueur

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Caroline Allard

Auteure des Chroniques d'une mère indigne, tome 1 et 2, et porte-parole du Grand Prix Littéraire Archambault ainsi que du Grand Prix de la Relève Littéraire Archambault.

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