Les débuts de Matthieu Simard: Échecs amoureux et autres niaiseries / Ça sent la coupe

06 juillet 2009 | par Mathieu Fortin
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Un regard intéressant sur les relations de couple...

Premier livre de Matthieu Simard, Échecs amoureux est à mi-chemin entre le roman et le recueil de nouvelles: plusieurs courts textes mettant en scène le personnage de Matthieu, avec parfois des références entre les petits textes. Bien écrit, facile à lire, le livre n'est cependant pas un chef d'oeuvre. Bien que les historiettes soient intéressantes, drôles, attachantes parfois, le personnage principal m'a semblé antipathique, plus que dans Ça sent la coupe (voir plus bas). Chronique d'un gars solitaire fin vingtaine, avec ses déboires et ses amours perdues, drôle, car désabusé, le roman nous présente des situations parfois irréelles, nous amenant quand même dans un univers presque parallèle où le narrateur est le Dieu créateur de ses propres problèmes. Il faut lire le livre, ne serait-ce que pour constater la différence entre Échecs amoureux et Ça sent la coupe.

Dans Ça sent la coupe, le concept du livre est intéressant: nous suivons Matthieu, un gars ordinaire amoureux des Canadiens de Montréal et qui utilise le hockey pour dicter sa vie entière. Toutes les entrées sont donc faites les jours de matches par un narrateur pleinement conscient qu'il écrit à un lecteur éventuel. Chaque chapitre débute par le résultat de la partie. L'auteur y va parfois de commentaires sur la performance des joueurs ou du coach, mais ce n'est qu'un prétexte. Car le hockey, dans ce roman, joue le même rôle que la cuisine des chaumières d'autre fois: il regroupe et unit les copains et la famille.

Matthieu, comme il le dit si bien, est le moyeu de sa gang, celui autour de qui tout tourne. Alors, nous suivons les péripéties de Matthieu et de ses copains Mike le timide, Patrice qui veut devenir célèbre, Darren qui ne parle pas, Richard le playboy, sans oublier Julie, sa blonde qu'il va tromper, Nathalie, sa petite soeur qui couche avec beaucoup trop de gens, Raphaëlle, la cause de l'adultère et Andréanne, une baise passagère.

Matthieu Simard sait écrire et raconter une histoire; en plus, celle-ci est intéressante, surtout pour les personnages et leur évolution, car ils changent selon ce qu'ils vivent et le personnage de Matthieu se retrouve toujours au centre de tout. S'il manque un ingrédient au roman pour qu'il soit excellent, c'est de l'émotion. Les pensées du personnage principal sont drôles et intéressantes, on ne se lasse pas de l'entendre réinventer des expressions; cependant, il ne semble pas mal en point lorsque sa blonde le quitte; les descriptions sont là, sans feeling. Sinon, c'est bon, et c'est une lecture intéressante pour les filles qui veulent un aperçu de ce qu'est d'être un gars!

Publié le 06 juillet 2009 dans: Littérature, Littérature québécoise

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Mathieu Fortin

Auteur de romans pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Intervenant auprès des enfants et des adolescents, grand amateur de littérature éclatée, du fantastique sous toutes ses formes. Écrit des romans qui carburent à l'action et aux émotions fortes.

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