Mon Vieux - Pierre Gagnon

20 décembre 2009 | par Keven Girard
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En peu de mots, l'auteur touche et percute, simplement.

«Léo est devenu vieux. Les vieux oublient, s'étouffent, font répéter, voient trouble, tombent, n'en veulent plus, en veulent encore, ne dorment plus la nuit, dorment trop le jour, font des miettes, oublient de prendre leur médicaments, nous engueulent tant qu'on serait tenté de les engueuler à notre tour, pètent sans le savoir, répondent quand on n'a rien demandé, demandent sans attendre de réponses, échappent puis répandent, ont mal, rient de moins en moins, gênent le passage, s'emmerdent, souhaitent mourir et n'y parviennent pas…» C'est en prenant Léo sous son aile que le narrateur s'émerveillera face à la beauté des vieux, à leur humanité. Léo: une mitaine en moins, et toujours prêt à partager ses précieux Whippet.

Le récit est court et le fond est simpliste: un homme prend pour mission de s'occuper de Léo, un homme âgé tout ce qu'il y a de plus touchant. Pas besoin d'avoir une intrigue des plus complexe pour démontrer un message aussi important et pour aborder un thème tabout. La vieillesse étant près de la mort, et la mort étant notre fin, on n'ose pas en parler. Pourtant, Pierre Gagnon le fait bien ici et il démontre les beautés de la vieillesse comme sa désolante complexité.

Le style de l'auteur est agréable. Il y a un réel plaisir à lire ces phrases bien formées, qui démontre l'état d'esprit du narrateur avec qui on se confond. On entre dans sa tête, on compatie pour sa grande générosité et son vouloir d'aider les autres au mieux qu'il peut. Il y a de l'émotion dans ce court roman.

C'est pas énorme, mais c'est efficace. Je me rappelle une conférence où Pierre Gagnon faisait justement partie. Il disait que les romans courts font un peu peur au Québec. Les gens ont souvent tendance à associer les bons livres avec les briques. Pourtant, c'est dans le petit qu'on trouve de petits bijoux…

Publié le 20 décembre 2009 dans: Littérature québécoise

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À propos du blogueur

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Keven Girard

Bénévole au Salon du Livre du Saguenay depuis trois ans par choix et par passion du monde littéraire, il étanche sa soif dans les pages encrées d'histoires captivantes. Ses doigts fredonnent de tant à autre son clavier, sa tête se vidant du surplus d'imagination.

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