Play Dirty: un clone britannique du film d'Aldrich (1969)

09 décembre 2011 | par Mathieu Lemée
visuel de l'article

L'immense succès de THE DIRTY DOZEN a engendré vers la fin des années 60 toute une panoplie de films de guerre jouant sur le registre du commando anticonformiste composé d'ex-taulards peu scrupuleux chargés d'une mission périlleuse. En voici un bon exemple.

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale en Afrique du Nord, le colonel Masters de l'Armée Britannique est chargé d'envoyer un commando spécial pour faire exploser les dépôts d'essence de l'Afrika Korps localisés en Libye. Comme ils sont situés profondément en territoire ennemi, Masters désigne pour assurer la réussite de cette mission de sabotage un ex-prisonnier militaire: le capitaine Cyril Leech. Celui-ci commande une bande de mercenaires, tous des criminels déjà condamnés, qui se spécialise néanmoins dans les missions difficiles.

Un officier régulier expert en installations pétrolières doit cependant diriger cette petite troupe à la demande du Haut-Commandement militaire. Malgré son manque d'enthousiasme, c'est le capitaine Douglas qui est choisi. Ce dernier devient vite le mouton noir du groupe, surtout lorsqu'il conteste les méthodes brutales et peu orthodoxes de Leech et de sa bande de voyous.

Tous ignorent toutefois qu'ils doivent en fait servir d'appât pour attirer l'attention des soldats allemands afin qu'une plus grand unité de l'armée anglaise se fraye un chemin jusqu'aux dépôts pour s'emparer des fûts intacts. Le commando parvient quand même à échapper aux Allemands après une longue randonnée dans le désert, mais c'est pour aboutir sur un site abandonné. Douglas enjoint alors Leech et ses hommes, convaincus que leur mission est terminée, de continuer à chercher le véritable site et de le faire sauter.

alt text

Si dans la plupart des similis basés sur le célèbre film de Robert Aldrich, le tintement des sous et l'accumulation de beaux billets verts dans le tiroir-caisse ont constitué l'argumentaire principal qui motiva leur conception chez divers producteurs, il est arrivé parfois que le propos antimilitariste de l'oeuvre originale ne serve pas que d'atout commercial.

Bon! D'accord que le titre PLAY DIRTY ne cache pas dans ce cas-ci la source de son inspiration première! Mais pourtant, cette version britannique revampée d'un classique du genre parvient à être bien plus qu'un simple clone ou une pâle copie.

Le vétéran réalisateur hongrois André de Toth, qui s'est fait un nom dans les genres populaires aussi bien aux États-Unis (film noir, western, horreur avec le classique HOUSE OF WAX) qu'en Europe (espionnage, péplum à l'italienne), possède cette capacité de transcender parfois les sujets qui lui sont confiés et à élever la série B au-delà de l'étiquette artisanale et simpliste que certains critiques lui affublent trop facilement.

Au travers des conflits qui opposent un officier militaire dit respectable avec la bande de va-nu-pieds sans scrupules qui l'accompagne, les auteurs fournissent quelques développements intéressants à leur intrigue pour souligner la cruelle absurdité et les enjeux discutables de la plupart des missions spéciales pendant la Dernière Guerre.

En ce sens, les officiers supérieurs dans ce film sont tout autant des enfants de salauds que ces pieds-nickelés expédiés à l'abattoir où bien les Nazis qu'ils combattent. Le propos antimilitariste s'avère donc volontiers cynique et se nourrit parfois de quelques outrances passagères bienvenues qui ne viennent pas trop en alourdir la portée.

Une mise en scène sobre, techniquement fignolée lors des scènes d'actions et nantie d'une belle photographie de divers paysages désertiques, font de ce PLAY DIRTY un film plus réussi qu'il n'en a l'air à prime abord. Il clôt également sur une bonne note la carrière d'un réalisateur à la filmographie sous-estimée.

La compétence des acteurs anglais engagés dans l'entreprise avec Michael Caine en tête d'affiche n'est plus à confirmer.

Publié le 09 décembre 2011 dans: Action

Share

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

captcha

À propos du blogueur

Pochette
Mathieu Lemée

Baccalauréat en histoire et certificat en scénarisation cinématographique. J'ai une passion pour le cinéma, les arts, la lecture, l'écriture la musique, les musées, les sports et la culture générale. J'écris actuellement des chroniques sur le cinéma, le sport, l'humour et la culture sur 4 sites web ...

Billet(s) récent(s) du blogueur