Remake, vous avez dit remake?

29 décembre 2011 | par Simon Bergeron
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Certains films ne font que reprendre la même intrigue et n’ajoutent rien à la sauce pour ne laisser qu’un amer goût dans la bouche. Les résultats déçoivent généralement le public et ne sont qu’une idée de faire de l’argent sur le dos de la nostalgie. Qu’y a-t-il à espérer d’un titre comme Fright Night 26 ans après sa sortie initiale?

FILM : 3½/5 Déjà en 1985, quand l’original est sorti en salles, le studio ne reconnaissait pas vraiment le succès qu’il avait entre les mains (essayez de trouver un Blu-ray de l’original qui ne dépasse pas 60$ sur eBay: impossible), tablant une suite des moins convaincantes en 1988 et sombrant dans l’oubli collectif, avant de ressurgir en DVD à la fin des années 90. Depuis, les sites web ne cessent de vanter les mérites de Jerry Dandridge et du film qui l’a inspiré. Un remake tombait donc sous le sens. Ainsi, après 5 ou 6 ans à dormir, le projet a finalement eu de l’ampleur pour intéresser un studio qui voyait enfin l’occasion de porter à l’écran (comprendre : faire une petite passe d’argent) les aventures de Charlie Brewster et de sa petite amie Amy, fuyant les crocs redoutables d’un vampire récalcitrant.

Charlie (Anton Yelchin, Star Trek) habite dans un quartier isolé en-dehors de la ville de Las Vegas. Il vient de commencer à sortir avec Amy (Imogen Poots, 28 Weeks Later), la fille de ses rêves, et sa relation avec Ed (Christopher Mintz-Plasse, Superbad), son meilleur ami d’enfance, bat de l’aile. Pendant ce temps, des jeunes dans leur classe disparaissent et personne ne semble chercher à comprendre ce qui se passe, mais Ed a une idée derrière la tête. Habitué aux jeux de rôle et au fantastique, il confie à Charlie ses suspicions que le voisin soit un vampire. Quelques jours après, Ed a également disparu et Charlie se met à croire les doutes de son ami. Seulement, Jerry (Collin Farrell, The Imaginarium of Doctor Parnassus) ne l’entend pas ainsi et le vampire vise alors la mère célibataire et la petite amie de Charlie.

Les éléments qui ne fonctionneraient plus dans le film d’origine ont été (heureusement) délaissés au profit d’une mise à jour plus logique et un film plus différent, mais sachant conserver le plaisir et la fraîcheur de son homologue de 1985. Ainsi, Charlie est l’adolescent qui manque d’assurance, ne voulant pas brusquer les choses, ne réalisant pas la chance qu’il a. Imogen Poots campe une Amy plus épanouie et « agressive ». Collin Farrell campe un vampire menaçant pour plusieurs, mais définitivement séduisant pour certaines. Mais le véritable joyau du film est campé par David Tennant, probablement le personnage le plus drôle et complexe avec son Peter Vincent, une sorte de Chris Angel moderne dont les penchants d’alcool et des femmes cachent une façade plus sensible. La réalisation frénétique mais précise de Craig Gillespie permet de balancer l’humour avec l’horreur et le drame dans un cocktail agréable qui ne laisse pas de mauvais goût. Seul bémol au tableau est un certain manque d’opportunité car plusieurs scènes auraient mérité de s’y attarder davantage pour améliorer le résultat final. Au niveau des effets visuels, nous avons droit à un film qui se tire bien d’affaire sans plus, jouant avec joie la carte des clichés inhérents au genre.

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IMAGE : 4½/5 Le transfert de l’image est précisément le même que vu en salles, donc très performant et de grande qualité. Néanmoins, les scènes tournées dans la noirceur font perdre une bonne partie de détails et les actions sont plus floues, défaut relié aux caméras digitales (donc pas de pellicule impliquée). Sinon, les textures sont magnifiquement reproduites : la peau, les vêtements, les objets et les effets d’horreur sont excellents et paraissent très bien à l’écran. Les actions en plein jour sont claires et bien reproduites, la palette de teintes permet une immersion des plus agréables.

SON : 4½/5 La piste sonore principale en TrueHD 7.1 permet de tester le système audio maison. Les dialogues sont très clairs, jamais enterrés par la musique ou les effets sonores. La profondeur de champ et le voyage du son offrent un visionnement en lien avec l’image : presque parfait. La musique de Ramin Djawadi est agressive et donne au film une texture de suspense non négligeable.

SUPPLÉMENTS : 1/5 En guise de suppléments, les vampires n’y trouveront pas leur compte, mais il y a quand même une bonne dose minimale d’amusement à en tirer : 5 scènes coupées (qui n’amènent pas grand chose excepté plus d’exposition pour les personnages), une fausse annonce du show de Peter Vincent, une trop brève revuette de huit minutes sur le tournage du film, des scènes ratées, une version plus longue de « Squid Man » ainsi qu’un vidéoclip de Kid Cudi.

RECOMMANDATION : 3½/5 Amateurs de vampires, vous trouverez très probablement une bonne dose dans ce film… avec un transfert audio et vidéo d’une qualité quasi irréprochable, difficile de dire non… pour les fans de suppléments, si les revenus en salles avaient été substantiels, une future édition aurait peut-être pu ajouter, mais puisque ce n’est pas le cas, ce que le studio a bien voulu mettre sur le disque (les suppléments sont une race en voie d’extinction il semblerait).

Publié le 29 décembre 2011 dans: Horreur

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Le cinéma, la lecture, la musique et les jeux me passionnent, c'est donc dans ces avenues que s'orienteront mes critiques, suggestions et commentaires.

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