
Une nouvelle série d'un auteur jeunesse parmi les plus en vue au Québec!
Michel J. Lévesque, dont je vous ai parlé ici, publiait, cet automne, les deux premiers tomes d'une nouvelle série jeunesse. L'auteur, désirant élargir sa base de fans (on compte environ 15000 copies vendues de chacun des tomes de sa populaire série Arielle Queen), change de registre avec sa nouvelle série, Soixante-six. Ici, la fantasy urbaine cède la place à l'anticipation et à l'action pure et simple à la mode horreur.
Dans Soixante-six, Les tours du château, l'auteur raconte d'abord, en prologue, l'histoire de la belle aux bois dormant. Étrange, non? En fait, le conte prendra sa signification un peu plus tard.
Ensuite, la narratrice du roman, qui nous dit s'être déjà appelée Alexia Lincoln, est maintenant plus vieille et nous relatera les événements qui se sont déjà produits. Dès le départ, Lévesque nous annonce ses couleurs: nous aurons droit à un récit où la narratrice commentera parfois les événements qui nous seront racontés. Et une partie du mystère du roman proviendra des personnages masculins, que Lexia nous présente dès le départ: Jack Soho, Edmond Dowty et Lancaster Bell.
Mais cessons de nous intéresser à l'enrobage et plongeons dans le vif du sujet: Lexia est une adolescente de 17 ans habitant à Tea Walls, une petite ville américaine où le lycée est rempli de clichés ambulants, à commencer par Lexia elle-même, chef des meneuses de claques et petite amie du quart-arrière, Ian Barstow. Elle est amie avec d'autres jeunes filles riches et prétentieuses et ennemie des petits nerds qui adorent l'informatique, dont Nick Amboy, quadriplégique. Après la mort de trois ados de Tea Walls, le monde de Lexia commence à changer et elle réalise que la vie dans sa petite ville tranquille n'est peut-être pas aussi belle qu'elle le croyait.
L'histoire de Lexia alterne avec celle de Jack Soho, un bandit notoire de la ville de Hastings Horizon, en Californie. Soho se retrouve, avec ses deux frères et sa soeur, dans une course contre la montre où la survie prime: des zombies ont envahi la Californie. Des mercenaires tentent de faire la peau de Jack alors qu'il tente de tirer sa famille de cette invasion.
On s'en doute, les deux histoires finiront par se rejoindre, mais quand et où, impossible de le savoir à la lecture du seul premier tome. Par contre, le roman ne manque pas de rebondissements, à commencer par les nombreuses péripéties vécues par Jack. Oui, les personnages sont clichés et les situations le sont tout autant (ah... les savoureuses répliques de films!), mais le tout nous arrache quelques sourires. Le lecteur trouvera son compte dans ce roman intriguant: Lexia, en cours de route, verra l'illusion qu'est sa vie perdre de sa texture et comprendra une partie de la vérité cachée.
Dans Les tours du château, Michel J. Lévesque fait encore bon usage des technologies qu'il imagine: les sleeping beauty sont une invention tout à fait brillante, et l'utilisation d'un téléphone cellulaire et de message texto permettent aux personnages de savoir comment se diriger dans leur univers labyrintique.
Au final, se plonger dans Soixante-Six est une source de plaisir garanti. Le lecteur adulte trouvera peut-être légèrement juvénile le traitement de l'histoire, mais la complexité qu'on entrevoit dans la trame du récit suffira à l'accrocher jusqu'au bout.
Vivement le second tome!
Publié le 15 novembre 2009 dans: Jeunesse
Auteur de romans pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes. Intervenant auprès des enfants et des adolescents, grand amateur de littérature éclatée, du fantastique sous toutes ses formes. Écrit des romans qui carburent à l'action et aux émotions fortes.
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