Un polar au gryo

08 février 2010 | par Isabelle Gauvin
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Quelques semaines avant le drame survenu à Port-au-Prince, j’ai commencé à lire ce roman dont le résumé m’avait assez intriguée : avec le recul, c'est un choix de lecture qui s’est révélé pertinent, avouons-le. Je me suis dit, tiens tiens, un roman policier haïtien… Hum… Des hommes qui se transforment en porcs : pourquoi pas ? Ça élargit les horizons, comme dirait les bien-pensants…

Dieuswalwe Azémar est enquêteur à Port-au-Prince lorsque se déclenche une série d’événements qui semblent être dus au hasard. Il y a tout d’abord le meurtre d’un sorcier, puis on raconte avoir vu un homme avec une tête de porc; un collègue est tué, un autre a disparu; un orphelinat dirigé par une secte affiche des slogans sanglants sur ses murs… et cette chaleur étouffante qui fait tourner la tête, la saleté de la ville, ses odeurs, son bruit éternel, sa pauvreté et sa misère qui côtoient la richesse et le mauvais goût des nouveaux riches, corrompus et embourgeoisés.

Quelques gorgées de tranpe (boisson haïtienne à base d’alcool de canne) suffisent à Dieuswalwe pour faire remonter les douloureux souvenirs d'un amour perdu et les regrets de ne pas être un bon père pour sa fille, Mireya, pensionnaire à l’orphelinat du Sang des apôtres… D'ailleurs, des rumeurs circulent sur la moralité de cet organisme : le Sang des apôtres cherche-t-il vraiment le bien des enfants dont il a la charge ? Les rêves étrangent de Mireya éveillent les soupçons de notre enquêteur.

Il faudra beaucoup de force, d’intuition et de ruse à Dieuswalwe pour mettre au jour toute une machination qui participe à la pourriture de la ville.

Écrit dans un rythme haletant, Saison de porcs se lit d’un trait : une intrigue policière un peu convenue, mais à travers laquelle on découvre probablement un des portraits les plus réalistes de Port-au-Prince.

Publié le 08 février 2010 dans: Littérature

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