
Les bohèmes sans abris mais pas sans talent pourrait aisément avoir changé à jamais notre perception des gens de la rue, se montrant comme l'un des meilleurs coups du Zoofest de cette année.
On le savait drôle, expressif, mi-français et québécois, mais si ce n'était pas assez, on ajoute aux multiples qualités de Jérémy Demay une générosité inébranlable. Son spectacle de variété inusité qu'il nous avait promis, présenté de façon déroutante au Café Cléopâtre, livre non seulement la marchandise, mais n'a de cesse de nous épater au fur et à mesure que nous sont présentés les invités.
Le concept? Donner le micro à des artistes vivant dans la rue, prouvant que cette caractéristique majeure ne les empêche certainement pas d'avoir du talent, du très grand talent même dans certains cas.
Certes, c'est la musique qui a dominé, mais pour la plupart, ce fut une véritable déclaration d'amour, à la vie notamment, qui nous a été déclaré tout au long de la trop courte heure du spectacle. C'est qu'en fait il était particulièrement attachants ces dits bohèmes et en avaient certainement plein le ventre pour nous en mettre plein la vue.
C'est d'ailleurs sous les élans électrisés à la guitare de Richard Archambault que le ton a été donné avant de se lancer dans un numéro pratiquement en duo avec Jérémy, les deux s'amusant d'une complicité qui se montrait palpable.
Ensuite, Jérémy a à nouveau prouver qu'il avait tout ce qu'il fallait pour animer, apaisant son personnage habituel pour en donner une version plus terre-à-terre, plus concerné par sa cause auquel il croit comme on pourrait plus difficilement se l'imaginer.
Après, François Taillon s'est amené pour nous hypnotiser de son folk qu'il maîtrisait avec une étonnante sincérité et pratiquement perfection. Précédé d'une introduction plutôt marrante donnant pratiquement un côté poétique au concept de fugue, explicant que pour lui, lorsqu'il était jeune, c'était "la vaisselle ou la Floride".
Avec Mélanie Charrier qui a suivi, c'était de succomber entièrement à sa voix démentielle qui a interprété avec brio "Rolling in the Deep" (qui a fait levé toute la salle qui s'est mise à tapper avec ardeur dans ses mains, en plus d'être invité pour l'aider à chanter le refrain) - y a-t-il moyen d'envoyer ça à Adele elle-même quelqu'un?-, avant de proposer une composition originale nommée "Je pense qe je t'aime", plus touchant, plus personnel et pas moins réussi cela dit.
Yvon Boucher a par la suite eu à peine le temps de nous interprété une chanson, arrivant sur scène cigarette à la bouche, évoquant de manière plutôt Humble Hendrix par sa belle maîtrise de la guitare.
L'humour a refait surface avec le groupe bleu qui a surpris et enchanté par son humour, mais également son entrain et sa spontanéité, semblant autant mélangé les paroles, les inventer sur mesure que de faire appel à une mise en scène arrangé. La première pièce évoquant une amourette improbablement entre un insecte et une maîtresse de maison résumait bien leur jolie folie alors que la chanson originale "la loterie" continuait de jouer dans les mêmes cordes. Ajoutons qu'un ballon de plage fut lancé dans la foule également pour accentuer encore plus le sentiment de gros party qui se faisait sentir.
Enfin, c'est sur une très épatante note que le tout s'est terminé alors que nous fut rappelé l'importance de l'amour par le biais de Kra-z-noize qui était dans la rue, mais qui s'en est sorti qui s'est montré être un beatbox d'exception, nous agrandissant immédiatement les yeux et la bouche de façon ébahi ne comprenant pas l'étendue de ses capacités. Les coeurs se sont ensuite ramollis alors qu'il a interpréter sa composition "Ma maison la rue" à l'aide de deux des musiciens du groupe précédent, forçant à la toute fin avec audace et ironie le public à interpréter son refrain qui a mené tout le monde à non seulement prendre conscience, mais également répéter les implorations qui tant d'autres lancent incessamment de jours en jours dans les endroits publics sans succès.
On regrette alors que le spectacle soit si court puisqu'on a décidément l'impression d'en avoir trop fait rapidement le tour. Surtout que la courte heure s'avère très serré et que le segment à Jérémy finit par prendre trop d'ampleur, forçant à couper à d'autres endroits comme pour Yvon Boucher qui a été réduit à une seule pièce.
On ne peut donc qu'espérer des supplémentaires pour un spectacle rare mené de l'avant par une cause sensible qui va certainement au-delà du message puisqu'il a certainement beaucoup à prouver et pour cela, il y réussit certainement sans hésiter.
Faites des demandes, parlez-en, mais franchement, il faut les voir ses bohèmes et les encourager. Ils le méritent amplement.
Publié le 22 juillet 2011 dans: Arts et Spectacles
Le cinéma c'est la base même de ma vie, la constante de ma personne, alors qu'il compose à la fois mon travail, mes études, ma passion et chaque instant de mon existence. Face à tant de dévouement qui doit certainement être aussi lassant qu'envahissant en quelque part ...
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