Stéphane Dompierre accumule les succès depuis son arrivée dans le monde littéraire en 2004 avec Un petit pas pour l’homme, qui lui a valu le Grand Prix de la relève littéraire Archambault. Porte-parole de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur en 2008 et en 2009, il rencontre régulièrement ses lecteurs et les auteurs en devenir en donnant des conférences et des ateliers de création. Avec Morlante, son étonnant dernier roman, il revisite les romans d’aventures et de piraterie d’une façon que n’aurait pas dédaignée Tarantino.
Stéphane est également parrain du nouveau concours Nouvel auteur.
Bon ben. Ça y est. Tu as gagné le concours Nouvel Auteur, ou bien tu as envoyé ton manuscrit chez un éditeur et il a dit « oui ». BRAVOBRAVOBRAVO ! Euh, mais, il se passe quoi, maintenant ?
Bon ben. Ton roman n’est pas dans les cinq finalistes du concours Nouvel Auteur. Qu’est-ce qu’on fait, maintenant ? J’ai bien réfléchi et voici les choix qui s’offrent à toi :
Certains auteurs répondent VRAI à ces affirmations, d’autres répondent FAUX. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses, à chacun sa façon de travailler et sa vision des choses. Voici ce que j’en pense.
Sais-tu que gaspacho est un nom masculin? Eh oui. Trampoline aussi. On doit dire « un gaspacho » et « un trampoline ». Connais-tu la différence entre amener, emmener, emporter et apporter? As-tu déjà entendu parler de la réforme de l’orthographe? En d’autres mots, aimes-tu ta langue?
Permets-moi de t’annoncer une bien mauvaise nouvelle : personne n’attend ton roman.
Sais-tu ce qu’India Desjardins lit en ce moment? Des manuels de maths et d’histoire de cinquième secondaire. Véronique Marcotte, dans un autre genre, lit Suicides : histoire, techniques et bizarreries de la mort volontaire. (Rassure-toi, elle va bien.)
Admettons que ton roman soit publié. Mieux : imaginons qu’il se vende à plus de mille exemplaires (ça arrive, des fois).
Il a quelques auteurs à qui, s’ils m’avouaient souffrir du syndrome de la page blanche, je répondrais « C’est peut-être mieux de même, parce que tes pages écrites sont plates en maudit. »
Aucun de mes collègues auteurs ne m’a jamais demandé où je prenais mes idées. Je ne leur ai jamais demandé non plus. Si tu te poses la question, je doute de tes capacités à écrire un roman.
Dans les salons du livre, je rencontre beaucoup d’apprentis écrivains qui me demandent ce qu’il faut faire pour être publié. Je réponds systématiquement avec une question, toujours la même : « As-tu écrit un roman? »
Alors donc, tu as décidé de participer à ce concours. Non mais? Tu sais dans quoi tu t’embarques, au moins ?